Lisa Lasselin/TC Media La famille Shoufan s’est installée à Saint-Laurent dès son arrivée au Canada, il y a 23 ans. Depuis, elle s'implique activement dans la communauté.

Ces Syriens ont appris le français, servent à la messe de Saint-Laurent et enseignent même la natation aux jeunes Québécois. La famille Shoufan a tellement donné à la communauté qu’elle a été décorée de la médaille du 150e du Canada.

Hala et Mouwaffaq Shoufan arrivent en 1994 au Canada avec leurs deux fils Youssef et Zaid. Quelques mois après, naît Karine. Le couple est de confession catholique, comme seulement 15% de la population syrienne. Aspirant à plus de liberté d’expression, ils ont décidé de recommencer une nouvelle vie, malgré le défi de la langue, puisqu’ils parlaient arabe.

«On a travaillé très fort pour apprendre le français, de cinq à six heures tous les jours surtout avec les enfants», confie Hala. Il n’aura fallu que quatre mois à Youssef et huit mois à Zaid pour passer des classes d’accueil aux classes normales.

Leur diplôme n’était pas reconnu au Canada, le couple a dû changer de métier. Ingénieur en électronique, M. Shoufan a décidé de suivre des cours en réparation informatique avant d’ouvrir son propre atelier. Mme Shoufan, une professeure de français, est devenue secrétaire, après cinq années de remplacements et de bénévolat dans diverses écoles de Saint-Laurent.

Donner et recevoir
La famille commence ensuite à participer aux diverses activités que propose l’agenda de Saint-Laurent. «Pour nous, c’est un trésor», rapporte Mme Shoufan.

Dès leur plus jeune âge les trois enfants suivent des cours de natation, peinture, poterie, musique, tous offerts par l’arrondissement. Ils seront même servants pour la paroisse Saint-Hyppolite.

Quelques années plus tard, devenus sauveteurs, ils dispensent des cours aux enfants du quartier. Zaid cofonde même le club de Waterpolo de Saint-Laurent.

À l’arrivée des réfugiés, en 2015, se met en place un véritable bénévolat familial. Le père, Mouwaffaq, devient interprète, tandis que les jeunes adultes donnent de leur temps libre pour divertir les enfants et assurer les transports nécessaires vers l’hôpital ou l’aéroport. Hala cuisine des mets de son pays qu’elle offre généreusement aux nouveaux arrivants.

Écolo
La famille achète des produits locaux et utilise le système de compostage de la ville. Chez les Shoufan, on ne tolère pas le gaspillage. «C’est impensable de jeter. On va finir notre assiette jusqu’au dernier grain de riz. C’est une valeur qui montre le respect envers l’environnement et les gens qui souffrent de la faim», concède Youssef.

Ce dernier connaît la rue pour avoir participé à diverses actions d’aide aux sans-abris: discussions, distribution de journaux ou encore de repas.

Désormais, Youssef codirige la Maison de la Syrie, un espace qui rend hommage à la culture syrienne. Un projet sans but lucratif et dans lequel le suit sa famille. Zaid en est d’ailleurs le trésorier.

«J’aimerais que La Maison de la Syrie devienne un lieu physique, pour que les gens puissent se réunir et imaginer des projets ensemble», confie l’aîné.

Karine, elle aussi, suit les pas de ses grands frères. La jeune femme offre gratuitement des cours de catéchisme pour les premières communions. Désormais, elle est membre du Conseil jeunesse de Saint-Laurent et utilise sa position pour continuer à œuvrer pour la communauté qui l’a vu grandir.

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