Johanna Pellus/TC Media Géré par sa directrice Maria Vasquez depuis ses locaux sur le boulevard Édouard-Laurin, le Comité logement Saint-Laurent a besoin de ressources supplémentaires à l'aube de ses 10 ans.

Elle tient l’organisme à bout de bras. Maria Vasquez est la seule employée du Comité logement Saint-Laurent, qui fête ses 10 ans. Depuis presqu’autant d’années, la directrice tente d’obtenir du financement régulier pour assurer au mieux la défense des droits des locataires, qui lui demandent de l’aide par centaines chaque année. 2018 pourrait enfin constituer un tournant.

Les appels au secours du Comité logement ont commencé à porter leurs fruits. La fondation Bombardier a fait un don par l’intermédiaire de Centraide et l’arrondissement de Saint-Laurent a décidé d’accorder une aide ponctuelle de 25 000 $, en plus du montant annuel de 10 000 $.

Mme Vasquez a beau avoir à cœur la cause de son organisme, elle estime qu’être «une personne seule amène de l’épuisement. Ça prend un collectif pour résoudre les problématiques de logement.»

À l’emploi du Comité depuis 2011, la directrice a été attirée par le défi de s’occuper d’un petit organisme, après avoir travaillé en francisation et en immigration. Elle a la vocation d’en découdre avec les injustices sociales.

«Mais, aujourd’hui, ça prend une équipe de trois, souligne-t-elle. Quelqu’un avec beaucoup d’empathie pourrait prendre en charge les interventions et le travail de terrain, tandis qu’une troisième personne, polyvalente, aiderait notamment à la recherche de financements.»

Insalubrité
Les besoins sont criants. Sur les quelque 600 demandes qu’elle reçoit chaque année, près des trois quarts concernent l’insalubrité. «C’est le plus difficile, rapporte Mme Vasquez. C’est du travail social. Les gens sont parfois agressifs, car démunis, et c’est moi le punching-ball.»

Les dossiers touchent souvent les services de la santé publique, avec lesquels elle doit faire le lien. Avec le cadre bâti vieillissant, certains secteurs sont particulièrement concernés. Dans le même immeuble du boulevard Deguire, dans le quartier Chameran, elle a par exemple reçu trois demandes ces dernières semaines. Une famille se plaint qu’ils ne font pas les travaux à la suite d’infiltration d’eau, une autre avait des questions sur l’augmentation du loyer, tandis qu’une troisième a d’importants problèmes de chauffage.

«Mme Vasquez m’a aidé à écrire une lettre à mon propriétaire, indique la locataire, Safia. Les fenêtres sont couvertes de glace, mais il y a aussi un trou qui laisse entrer l’air et les cafards, des travaux qui ne sont pas faits.»

La directrice du Comité va également l’aider à préparer son audience à la Régie du logement ainsi que tous les documents nécessaires.

Résultats
L’aide de Mme Vasquez a permis de désamorcer des situations. «Nous avons notamment réussi plusieurs dossiers de reprises déguisées de logement, où le propriétaire prétextait des rénovations sans augmenter le loyer», se rappelle-t-elle.

Une locataire d’un immeuble de la rue Scott, dont les moyens utilisés par les propriétaires pour évincer les locataires avaient fait les manchettes il y a deux ans, peut en témoigner. «Pour 4-5 appartements, l’appui du Comité a beaucoup aidé. Le propriétaire a perdu au tribunal», confie la résidente qui préfère demeurer anonyme. Tous les problèmes sont loin d’être réglé dans l’édifice selon elle. Le chauffage serait insuffisant et des voisins auraient eu des problèmes de vermine.

Pour mener à bien sa mission, la directrice du Comité logement Saint-Laurent compte maintenant sur une aide financière durable ainsi que sur le nouveau plan d’action en développement social de l’arrondissement. L’habitation, notamment la lutte contre la détérioration des logements, en est l’un des axes de travail.

Histoire
Dès les années 1990, les problématiques liées au logement commencent à être identifiées comme une priorité par les acteurs locaux de Saint-Laurent. Cependant, le travail de l’agente communautaire de l’arrondissement, les feuillets d’information créés par le Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent (COSSL) et l’aide du Comité logement Ahunstic-Cartierville ne suffisent pas à répondre aux demandes.

À l’initiative de cette agente municipale, qui mobilise le CLSC, plus de 70 personnes donnent leur appui à la création d’un Comité logement à Saint-Laurent. L’organisme est finalement incorporé le 18 février 2008.

Il s’agit du seul Comité logement du nord-ouest de Montréal et il reçoit des demandes de résidents de tout l’Ouest-de-l’Île, car les services d’intervention psychosociale avec accompagnement personnalisé et médiation avec les propriétaires sont proposés en quatre langues (français, anglais, espagnol, arabe). L’organisme doit cependant se limiter à sa clientèle cible, les Laurentiens.

Plus d’infos
comitelogement-saintlaurent.org
514 331-9898

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