Lisa Lasselin/TC Media Il y a plus de six mois, Paul-Alain Bikei s’est lancé dans son entreprise de tutorat, dans le but d’offrir ce service aux familles les plus modestes.

Soucieux d’aider les jeunes en difficulté des familles les plus modestes, Paul-Alain Bikei fait le pari de quitter son pays et son métier de professeur au Cameroun pour ouvrir son entreprise de tutorat à Saint-Laurent.

Après une courte expérience en tutorat pour des entreprises privées à Montréal, Paul-Alain Bikei décide de fonder sa propre entreprise nommée Garantie scolaire, en juin 2017.

«Il y a des parents qui ne peuvent pas payer 45$ de l’heure. Je prends parfois 20$ de l’heure. Les familles modestes n’ont pas forcement la possibilité d’avoir un enseignement de qualité à un bas prix», concède-t-il.

Outre offrir un tarif plus bas, le père de famille a à cœur de faire un travail dit «psychologique» avec ses élèves.

«Quand l’enfant est prêt psychologiquement, c’est plus facile. Je cherche à savoir comment il suit ses cours, prend ses notes et dans quel établissement il est. En fonction de cela je lui donne des conseils et je veille à ce qu’il les suive», explique M. Bikei.

Il essaie de redonner la confiance aux enfants et notamment à ceux qui s’évadent dans le sport, en laissant de côté l’école.

«Parfois les parents déposent un enfant pour un cours et il se sauve pour aller à l’entraînement, alors je le rattrape. Je lui explique que si un jour il se blesse et ne peut plus continuer, il aura besoin d’un diplôme qui lui donnera un travail. Certains parents m’ont confié que j’avais sauvé leur enfant», poursuit le professeur.

Le rêve canadien
Bercé par les histoires que lui racontaient les sœurs canadiennes de l’école privée où il a fait sa scolarité, à Mbalmayo, Paul-Alain Bikei a toujours rêvé de venir au Canada. Il s’y est installé il y a quatre ans avec sa femme et son fils, après trois années de démarches.

M. Bikei était professeur depuis huit ans dans une ville près de Yaoundé, la capitale camerounaise. Malgré sa maîtrise en sciences de la terre, M. Bikei nous confie qu’accéder à un meilleur poste est assez difficile, à cause du système qu’il qualifie comme «empreint de favoritisme».

Arrivé à Montréal, il se heurte à d’autres difficultés. Faute d’une reconnaissance de diplôme, il recommence en bas de l’échelle. Le Camerounais déniche des contrats dans la distribution avec Dollarama. Un an après, son fils et sa femme le rejoignent et il peut ainsi compter sur le soutien financier de cette dernière pour entreprendre une maîtrise en enseignement à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Désormais en troisième et dernière année, M. Bikei faisait des suppléances depuis un an dans différentes écoles de Montréal, avant d’obtenir un poste d’enseignant à l’école secondaire Dalbé-Viau, de Lachine, en février.

Pour son implication, Paul-Alain Bikei s’est vu remettre la médaille du 150e du Canada, à Saint-Laurent. L’homme se dit très reconnaissant de cet honneur et compte bien continuer à aider d’autres jeunes Québécois.

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