Par amour du travail sur le terrain, l’agent Yves Périgny a terminé sa carrière à la sécurité routière, à Saint-Laurent. Après 30 ans au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), il revient sur son parcours, d’enquêteur collision à patrouilleur, passé à sillonner les rues.

«À Saint-Laurent, j’ai fini par trouver le poste qui me convenait», indique l’agent Périgny, qui est arrivé dans l’arrondissement en 1994, à l’ancien poste de quartier (PDQ) 14, fusionné depuis avec le PDQ 7. Il y fut notamment patrouilleur solo avant de devenir agent de quartier – sécurité routière lors de la création de ce poste, il y a une douzaine d’années.

En plus d’être un des plus anciens du PDQ et de répondre aux questions des recrues, l’homme de 54 ans s’est spécialisé dans son domaine, en suivant toutes les formations données par l’École nationale de police du Québec. «La sécurité routière est en constante évolution, il faut se mettre à jour des décisions de la cour, en plus de connaître les problématiques locales», explique-t-il.

M. Périgny s’était donné pour mandat de sécuriser les abords des écoles. «Tout le monde est en retard et une multitude d’infractions sont commises», dit-il, précisant que les brigadiers scolaires ne sont pas toujours respectés. Par ailleurs, il rappelle que les sièges pour enfants sont mal installés dans 80 % des cas.

L’agent, qui vient de prendre sa retraite, laisse dans son bureau une collection de vignettes de stationnement pour personne handicapée. Il avait à l’œil les fraudeurs et, plutôt que de leur remettre une contravention pouvant atteindre 600 $ pour l’utilisation d’une vignette qui n’est pas la leur, il leur confisquait. Reste qu’il fallait payer pour le stationnement dans un espace réservé aux personnes à mobilité réduite, récemment augmenté de 150 à 300 $.

Accoucheur
Un agent sur le terrain rencontre des situations plus ou moins heureuses. L’un des meilleurs souvenirs de M. Périgny demeure une naissance en pleine congestion, sur le bord de l’A-40.

«En 2015, les automobilistes étaient déviés sur la voie de service en raison d’un accident majeur. J’allais terminer mon quart de travail, mais un homme vient cogner à ma vitre et me dit que sa femme est sur le point d’accoucher», raconte-t-il.

Sans attendre, il est allé à la rencontre de la future maman, installée du côté passager. La seule présence du policier a été apaisante. Il a demandé au père de calculer les contractions, car il est essentiel de tenir les personnes occupées dans une telle situation.

Lorsque la tête du bébé est apparue, l’agent a pu indiquer à la mère de pousser avant d’attraper l’enfant et de le déposer sur son ventre. «Heureusement, c’était son 3e», se souvient-il, tout sourire.

Comme sa radio était branchée, ses collègues ont pu entendre les premiers pleurs du bébé, juste avant l’arrivée des paramédics.
M. Périgny a revu le petit lors de son deuxième anniversaire, à Kirkland, l’automne dernier.

Une carrière dédiée à la sécurité routière, et donc aux accidents, compte aussi son lot de malheurs «quand on doit annoncer un décès à une famille», confie-t-il.

Les agents doivent aussi faire face quotidiennement aux insultes ou autres réactions des gens. «On s’habitue et, avec l’expérience, on sait mieux réagir», précise M. Périgny.

Parcours
«Pour être policier, il faut avoir le goût de toucher à tout et ne pas avoir une seule journée pareille», souligne l’agent d’expérience, ajoutant que les conditions de travail sont excellentes.

Lorsqu’il était au secondaire, Yves Périgny envisageait d’apprendre la soudure. Finalement, une présentation du métier de policier dans son école l’a convaincu de s’inscrire au cégep, à Trois-Rivières.

«J’ai grandi à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en Mauricie, sur un terrain de camping, où on travaillait tout l’été, se rappelle-t-il. J’étais fasciné par Montréal quand j’y venais.»

C’est ainsi qu’il a postulé au SPVM, où il est entré en 1988. «À l’époque, il y avait des cellules dans les PDQ et les nouveaux étaient affectés à la garde des détenus… une pénitence quand tu veux manger de l’asphalte», souligne-t-il.

Il a fait plusieurs PDQ à Outremont, Pierrefonds et dans la Petite-Italie avant de se retrouver à Saint-Laurent.

Il est ensuite devenu enquêteur collisions, un poste régional qui couvrait tout l’Ouest-de-l’Île. Le service a ensuite été transféré au centre-ville, où il était alors enquêteur de niveau 2, c’est-à-dire qu’il travaillait sur les accidents avec blessés.

Alors que les zones limitées à 30 km/h ont toutes une signalisation différente dans Saint-Laurent, l’agent Périgny aurait voir une harmonisation des panneaux avant sa retraite. Son dernier conseil, à l’attention des automobilistes, est: «mettez votre ceinture et lâchez votre téléphone». Davantage de sensibilisation au respect des feux pour les piétons et à l’interdiction de port d’écouteurs en vélo serait également bienvenue.

«C’est le beau métier du monde», conclut-il. Pour ceux qui veulent l’essayer, notamment des jeunes qui hésitent à se lancer dans cette carrière, il reste le Cobra, qui permet de partir en patrouille.

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