En offrant aux aînés de Saint-Laurent des logements abordables et à saveur communautaire, le Dr Robert Lavigne apparaissait visionnaire dans les années 1980. Trente ans plus tard, le besoin est toujours là, preuves en sont les listes d’attente pour se loger aux Demeures Sainte-Croix.

Le médecin, installé dans Saint-Laurent depuis 1954, constatait alors que beaucoup de personnes étaient obligées de quitter le secteur pour se loger de manière abordable. Avant de créer les Demeures Sainte-Croix, sur l’avenue du même nom, il a d’abord fallu trouver l’espace.

«Dans les années 1970, le terrain des Sœurs de Marie-Réparatrice a failli passer à des promoteurs privés, mais mon père a fait des pieds et des mains pour les convaincre de le préserver. Il le voyait comme un carrefour de santé, avec le centre hospitalier Notre Dame de l’Espérance de Saint-Laurent», se souvient la fille du docteur, Ginette Lavigne, actuelle directrice générale. Son père, âgé de 90 ans et proche aidant, demeure président honoraire.

Obtenant la promesse que le gouvernement allait acheter le terrain, le Dr Lavigne fonde en 1987 l’organisme privé à but non lucratif des Demeures Sainte-Croix. Deux ans plus tard, un immeuble de 40 unités de logements sociaux voit le jour, avec la collaboration de la Société d’habitation du Québec (SHQ).

Fonctionnant comme des habitations à loyer modique (HLM), les résidents de 65 ans et plus ne paient pas plus de 25 % de leurs revenus pour se loger.

Depuis, deux autres immeubles, les phases II et III, qui forment des entités propres, ont vu le jour, pour un total de 131 logements. La troisième phase est cependant basée sur le programme AccèsLogis, une aide financière, et certains résidents paient un loyer complet.

«C’était un rêve de venir aux Demeures Sainte-Croix. J’aime le quartier, l’hôpital était tout près et le Dr Lavigne était mon médecin.» — Stanley Wronski, résident depuis 23 ans

Communauté
À 91 ans, Ursule Morin est résidente des Demeures Sainte-Croix depuis leur ouverture et s’y sent bien, que ce soit dans son fauteuil dans son 3 1/2 ou dans les espaces communs. «J’habitais depuis 15 ans à Saint-Laurent et j’ai appris par le journal la construction», se rappelle-t-elle, tout sourire.

Avec d’autres résidents, Mme Morin profite de la vie communautaire de l’immeuble. «Nous avons un groupe de cartes tous les vendredis soirs, c’est un rendez-vous qu’on ne peut pas manquer», souligne Gladys Viñares.

Les moyens financiers des Demeures dépendent des subventions et des dons, mais la direction s’assure de créer un milieu de vie avec et pour les résidents. «Nous sommes préoccupés par leur bien-être et nous essayons de faire des jumelages entre voisins», explique Mme Lavigne.

Une résidente impliquée bénévolement, Louise Vincent, a par exemple lancé des activités pour les personnes atteintes de cancer, après avoir constaté qu’une voisine était très déprimée.

«Quand j’ai besoin, il y a toujours quelqu’un qui est là. Quand j’ai perdu mon adjointe administrative, c’est Louise qui est venue me donner un coup de main», ajoute la directrice générale.

Les projets ne manquent pas. Au sein de la Phase II, une subvention a permis d’engager des intervenants communautaires. Dans un local vide de la Phase I, un don de la Caisse Desjardins a permis d’aménager un salon de coiffure, manucure et pédicure. L’initiative a été pilotée par un comité de résidents, qui a fait un sondage pour connaître les besoins de la majorité.

Le 30e anniversaire a été célébré le 9 novembre par les résidents, en présence de dignitaires.

Pour soutenir les Demeures Sainte-Croix, communiquer avec leur fondation au 514 744-0591.

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