Sylvain Gagnon Ces citoyens de la rue Hébert estiment que «l'état dans lequel les arbres matures ont été laissés les rend désormais inutiles et défigure et fragilise leur environnement».
Vendredi soir dernier neuf Laurentiens ont tour à tour reçu un appel du maire de l’arrondissement. L’objectif d’Alan DeSousa: leur parler des arbres émondés sur la rue Hébert, qu’ils dénoncent dans une pétition. Les résidents considèrent que les travaux «apparaissent comme une destruction agressive et complètement inutile d’un bien commun».

L’arrondissement a ordonné l’arrêt de l’émondage dans le secteur des rues Hébert, Grou, Hodge et Laperrière. Le maire a ajouté que «le travail effectué dans le secteur touché va à l’encontre des objectifs que nous nous sommes donnés et c’est terriblement regrettable».

Une des pétitionnaires, Monika Toma, se dit momentanément satisfaite de la réaction d’Alan DeSousa. Selon elle, il aurait dit que la compagnie d’émondage n’aurait pas suivi les indications de l’arrondissement. Les experts des travaux publics à Saint-Laurent se pencheraient présentement à développer des solutions concrètes.

La valeur des arbres

Pour les citoyens de la rue Hébert, les liens de bon voisinage se tissent à coup de fêtes de quartier et par le plaisir du jardinage. «Chacun a son terrain et le soigne», dit Monika Toma en souriant. Sa voisine Nelie Saka a déjà remporté le prix Maison fleuries.

«Notre coin a le plus de fleurs dans les cours avant. On veut partager la beauté avec nos voisins», ajoute-t-elle. Leur voisin, Doug Miller, dit qu’un arbre, qu’il a pu faire pousser grâce à une bouture reçue en cadeau d’un de ses voisins, a été coupé par Émondage Saint-Germain. «On essaie de créer un milieu de vie», plaide Jean-Claude Petit.

Ce dernier estime qu’il ne leur reste «que des chicots»! Il croit que la beauté du quartier, en bordure de l’autoroute Métropolitaine, en est affectée. Il estime que chaque branche est importante pour la lutte contre la pollution sonore et celle de l’air.

«Avant, on avait de l’intimité», dit Michael Lord, pétitionnaire nostalgique d’un temps ou les branches des arbres protégeaient la vie privée des habitants. Mme Saka, pour sa part, délaisse sa véranda, qui est maintenant à la vue de tous.

«Dans les règles de l’art»

Selon André Fleury, gérant de projet pour Émondage Saint-Germain, le travail effectué respecte les devis de l’arrondissement. «Selon les devis, on doit dégager les balcons, les toits, les entrées d’auto et la rue. On a des distances à respecter selon l’essence de l’arbre. Je ne sais pas pourquoi il y a un problème dans ce coin-là», avoue-t-il.

Rappelant que la compagnie a travaillé sur 2000 arbres laurentiens, il affirme que les seuls arbres touchés sont ceux qui étaient identifiés par l’arrondissement. Payé à l’arbre, il explique que «ce n’est pas à notre avantage d’en faire plus pour rien. C’est le même prix si on enlève gros ou pas. On travaille selon les devis. On n’enlève pas plus, pas moins.»

Pointé du doigt pour en avoir trop coupé au goût du voisinage, M. Fleury dit que de grosses branches ont été sectionnées pour le bien-être des arbres. «Si sur la branche il n’y a pas d’appel de sève, il faut se rendre au tronc. On n’a pas le choix. Si on coupe la branche carrée, il pousse un bouquet de petites branches et à un moment donné, la branche qui l’alimente va finir par ne pas avoir assez de sève et mourir.»

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