Martin Dumont, témoin à la Commission Charbonneau, a allégué que la campagne des conseillers d’Union Montréal élus en 2004 à Saint-Laurent aurait dépassé le seuil maximal de dépenses électorales. Patricia Bittar, élue pendant cette élection, partage sa version des faits aux Nouvelles Saint-Laurent News.

Mme Bittar raconte qu’elle a été recrutée à la dernière minute. «En 2004, j’étais attachée politique pour Stéphane Dion. Je connaissais tous les élus. Je connaissais M. DeSousa aussi. Il m’a rencontrée et m’a demandé si ça m’intéressait. J’avais besoin de nouveaux défis, de nouvelles expériences», rapporte l’ancienne conseillère. Deux jours plus tard, sa candidature était officielle.

«Nous, les candidats, lorsque nous arrivions au local, on nous demandait d’aller faire du porte-à-porte», raconte la conseillère à propos de son expérience de campagne avec Laval Demers, élu en 2004 et maintenant décédé. Patricia Bittar affirme avoir rarement été au local électoral.

La campagne

Son local était au coin de Marcel-Laurin et Côte-Vertu, dans les anciens locaux du concessionnaire Volkswagen. «Les locaux étaient immenses, très, très grands. Il y avait beaucoup d’activité. J’ai apporté 30 bénévoles avec moi. Il y avait beaucoup d’effervescence. La campagne a été difficile. On a fait du porte-à-porte pendant de longues heures en hiver. Mais on ne manquait pas de bénévoles pour venir faire du porte-à-porte.»

«Je pense que pour le budget, on m’avait dit que la campagne avait coûté cher, mais je ne savais pas qu’elle avait dépassé les limites», déclare l’ancienne conseillère. Elle affirme: «Moi, j’ai fait les choses honnêtement!»

«Aussi mon rôle, on me le disait tout le temps, c’était de faire du porte-à-porte. Quand on fait confiance à l’équipe, on se dit que l’équipe fait son travail. Je n’ai même pas eu l’idée de demander à voir les papiers», raconte Mme Bittar.

«Je n’ai pas posé de questions. J’ai tenu pour acquis que tout se faisait dans les règles. Ma confiance venait du fait que c’était l’équipe d’Alan DeSousa. J’avais et j’ai encore énormément confiance en leur honnêteté et leur probité», déclare-t-elle.

La confiance de l’ancienne politicienne face à l’exécutif de l’arrondissement demeure intacte. «Je n’ai jamais été témoin d’acte de collusion ou de corruption. Sinon je serais partie plus tôt», explique la Laurentienne.

Entre temps, l’ancienne conseillère suit attentivement la Commission Charbonneau. «Comme n’importe quel citoyen je suis choquée.» Elle ne remet pas en question ni la véracité du témoignage de Martin Dumont ni l’honnêteté du Maire Tremblay. «Je n’étais pas là. Mais je peux vous dire quelque chose pour avoir côtoyé le Maire et Martin, j’ai beaucoup d’estime pour les deux. C’est difficile d’entendre tout ce qu’on entend sur des gens qu’on a côtoyés».

«Si (les allégations) sont vrai que la politique municipale fonctionne comme ça c’est dommage que les gens aillent fermés les yeux aussi longtemps. Si ça s’avère être vrai, c’est un scandale, c’est inadmissible. Que les gens se soient enrichis des taxes des citoyens est un scandale», conclut l’ancienne conseillère.

 

Des solutions!

Patricia Bittar, ancienne conseillère d’arrondissement à Saint-Laurent, a des idées pour lutter contre la corruption et la collusion en politique municipale.

Pour éviter la corruption des partis politique, elle suggère que le financement politique  soit 100% public. Ceci éviterait le phénomène de prête-nom.

Également, l’ancienne politicienne suggère d’abolir les partis politiques au municipal. «Il y a une philosophie de société au provincial et au fédéral, mais pas au municipal. On devrait gérer, point final! On gère la réfection de trottoirs, le déneigement: c’est de la gestion pure et simple.»

Mme Bittar souhaiterait que ce soit les projets et non pas les partis politiques qui rassemblent les gens.

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