« Ce qui est en jeu c’est la possibilité de créer une nouvelle appartenance où personne ne pourrait porter l’étiquette d’étranger. » [traduction libre tirée du Canadian multiculturalism and its nationalisms, in Home and Native Land, Unsettling Multiculturalism in Canada de Nandita Sharma]

En septembre dernier j’assistais à la conférence internationale Metropolis sur l’immigration. L’économiste britannique Philippe Legrain y a abordé le thème de la liberté de mouvement des personnes à l’intérieur de l’Union européenne et démontré comment cette liberté, malgré les peurs du début, offre de très nombreux avantages en termes de mobilité de la main-d’œuvre, d’échanges et de partage des compétences, de fraternité interculturelle et de circulation de la richesse.

Il est allé plus loin encore en prônant l’urgence d’entamer des négociations mondiales pour arriver à la libre circulation des personnes, sur le principe que nous, les humains, méritions tout de même d’avoir les mêmes droits que des biens et services qui jouissent de cette liberté grâce à plusieurs accords internationaux.

Nous tenons pour une certitude que nous devons impérativement protéger nos frontières. Mais les protéger de quoi au juste. Quand on y pense, ceux et celles qui décident de s’exiler, sont les personnes les plus fortes, celles qui ont du «chien», qui sont prêtes à faire des sacrifices pour arriver.

De quoi se plaint-on? De ce qu’ils viennent ici pour faire de l’argent? Mais c’est ce que les capitalistes nous disent de faire. Et les lucides nous chicanent parce qu’on n’en fait pas assez! Et leur réussite sera toujours gage de richesse pour le pays d’accueil.

Mais leur réussite est aussi dépendante de l’accueil, des chances et des opportunités de développement que le pays hôte saura leur fournir.

Au lieu de voter des lois pour emprisonner les réfugiés illégaux pendant un an à leur arrivée ou pour déporter des résidents permanents lorsque la situation s’est améliorée dans leur pays d’origine, ou encore pour limiter les déplacements des travailleurs migrants saisonniers,  toutes choses que le gouvernement canadien est en train de faire, on devrait mettre en œuvre des moyens pour aider tous les nouveaux arrivants à développer leur plein potentiel.

Et pour un monde sans frontière, faudra d’abord valoriser l’appartenance… au genre humain.

Pierre Wilson

Référence: Nandita Sharma, Canadian multiculturalism and its nationalisms, in Home and Native Land, Unsettling Multiculturalism in Canada, Edited by May Chazan, Lisa Helps, Anna Stanley et Sonali Thakkar, Between the lines, Toronto, 2011, page 100.

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