Sylvain Gagnon Photographer Marie Barrette et Élias Chahine sont souvent réveillés en pleine nuit par le bruit généré par les trains du CN.

Les résidents de la rue Muir à Saint-Laurent sont exaspérés. Selon eux, un bruit insupportable causé par des trains leur empoisonne la vie depuis la mise en service du nouveau croisement ferroviaire des subdivisions Saint-Laurent et Deux-Montagnes, en 2013.

«Le bruit est vraiment incommodant la nuit, raconte Marie Barrette, une résidente. Le train passe souvent vers 2 ou 3h du matin. Quand les fenêtres sont ouvertes, j’ai l’impression qu’il se trouve à l’intérieur de mon appartement. Les vitres tremblent. Avant la nouvelle construction, j’avais une très bonne qualité de sommeil.»

En vue d’augmenter la sécurité et l’efficacité au croisement ferroviaire de la Jonction de l’est, ainsi que la capacité sur la ligne de trains de banlieue Deux-Montagnes, l’Agence Métropolitaine des Transports (AMT) a procédé, entre 2010 et 2014, à la construction d’une structure d’étagement à la jonction est.

Suite aux travaux, les trains du CN passent désormais sur un viaduc, quelques mètres au-dessus des véhicules de l’AMT.

«Les locomotives font un bruit épouvantable lorsqu’elles forcent pour monter la rampe, raconte Michael Sampara, un résident. Les trains passent maintenant au niveau des yeux des gens qui habitent le quatrième étage de mon édifice. Le trafic a énormément augmenté depuis la mise en service des nouveaux rails, et les matériaux transportés sont de plus en plus lourds. On voit et on entend des trains de un km de long, avec trois locomotives et plusieurs wagons citernes.»

«Le train peut passer jusqu’à quatre fois par nuit, affirme Élias Chahine. J’ai changé l’isolation de mes fenêtres au complet pour bloquer le bruit.»

Du côté est du rail, un mur-écran a été installé afin de limiter les dérangements. Du côté ouest, le CN a mis en place un garde-corps absorbant d’une hauteur de 1 mètre 20 qui couvre tout juste les roues des wagons.

Malgré cette précaution, les citoyens ont mesuré que les trains généraient des bruits pouvant atteindre plus de 80 décibels, bien au-delà du niveau prescrit par la ville de Montréal.

De multiples plaintes
En 2013, un comité de citoyens mené par Michael Sampara a écrit au CN pour demander réparation.

«Ils nous ont répondu que comme aucun résident n’avait émis de plainte lors de la présentation du projet, il était difficile d’y changer quoi que ce soit maintenant», indique M. Sampara.

En mars 2014, le comité a transmis ses plaintes à l’AMT, responsable du financement des travaux, ainsi qu’à la direction de l’arrondissement de Saint-Laurent.

Une étude sonore en cours
En réponse aux pressions de l’arrondissement, l’AMT a entrepris une mise à jour de l’étude sonore réalisée avant le début des travaux en 2009. Elle assure que l’environnement sonore du secteur s’est amélioré en comparaison avec la situation originelle.

Cette réponse est toutefois loin de satisfaire les citoyens. Bien qu’ils conviennent que le vacarme causé par l’installation avant les travaux se soit amélioré, pour eux, la situation demeure insoutenable.

«On n’a pas besoin d’une étude de bruits pour savoir que le vacarme que faisaient les trains au croisement a cessé, s’indigne M. Sampara. On veut que les nouveaux impacts soient étudiés!»

Paul Lanctot, responsable des communications avec les citoyens au conseil de ville de Saint-Laurent, assure qu’une rencontre aura lieu entre les citoyens et tous les acteurs du dossier dès que les résultats de l’étude seront disponibles.

«On s’est engagé depuis plusieurs mois auprès du comité des citoyens pour organiser une rencontre avec tous les intervenants soit l’AMT, le CN et le service d’incendie de la ville, qui serait appelé à réagir dans le cas d’une tragédie ferroviaire. La rencontre pourra traiter des bruits, mais aussi de la vitesse des trains et du transport des matières dangereuses. J’ai eu confirmation il y a quelques jours de l’AMT que l’étude était presque terminée.»

M. Lanctot affirme également avoir transmis toutes les préoccupations des résidents en lien avec le manque de précision de l’étude sonore. Il tient à ce que les résultats répondent aux inquiétudes et aux problèmes actuels.

Aucune date n’est encore fixée pour la rencontre. M. Lanctot espère toutefois que le dossier pourra être réglé avant Noël.

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