Photo gracieuseté Le CPE La Bricole craint que plusieurs parents ne puissent supporter les frais supplémentaires.
Le gouvernement Couillard envisage de moduler les tarifs de garde dans les Centres de la petite enfance (CPE) selon le revenu des parents. Une mesure qui étoufferait la classe moyenne et freinerait l’accessibilité au service selon les CPE de Saint-Laurent.

« L’impact sera immense sur les familles de la classe moyenne qui n’ont pas vraiment d’argent supplémentaire à consacrer à de nouvelles dépenses, s’indigne Daniel Baril, Directeur général du CPE Sol Inc. Le service de garde n’est souvent pas optionnel pour les familles. Ils devront donc faire des choix, et couper sur d’autres choses. »

Questionné en chambre par l’opposition officielle mercredi, le premier ministre Philippe Couillard a confirmé que les parents plus fortunés paieront davantage pour la garde de leurs enfants. Une mesure qu’il qualifie de progressiste, et qui aidera selon lui à la création de nouvelles places subventionnées.

Selon une grille tarifaire présentée par Le Devoir, les parents pourraient voir leur contribution passer de 7,30 $ par jour à un montant situé entre 8 $ et 20 $ par jour, et ce, à compter du 1er avril 2015.

Les acteurs du milieu des services de garde de Saint-Laurent ont vivement réagi à cette annonce.

« Le tarif est présentement déjà modulé, souligne la directrice du CPE La Bricole, Ildiko Szabo. Les parents paient des impôts, et contribuent donc au service public de garde, selon leur revenu annuel. Et on veut encore ajouter des dépenses supplémentaires? »

Mme Szabo ajoute que ce n’est pas parce qu’une famille est aisée qu’elle ne sera pas prise à la gorge par cette nouvelle mesure. « Certains de nos clients ont trois enfants en services de garde. S’ils paient 4$ de plus par enfant, ils devront débourser 12$ supplémentaires chaque jour. »

Une mesure qui rate sa cible

Le Directeur général du CPE Sol Inc. est d’avis que le ministre Couillard n’atteindra pas les objectifs de réduction des dépenses qu’il s’est fixé avec la modulation des tarifs.

« Certains individus vont choisir d’arrêter de travailler, par exemple dans un cas où un conjoint gagne moins que l’autre, mais qu’ensemble, ils dépassent le barème requis pour l’augmentation des frais. Certains vont opter pour couper dans les loisirs, les achats. Il y aura une baisse des dépenses du ministère de la famille, mais il y aura une hausse des dépenses du ministère du revenu et du ministère de la solidarité sociale. »

« Il n’y aura pas d’économies de coûts pour le gouvernement ou très peu, pour une mesure qui menace de faire reculer la condition féminine au niveau d’il y a 30 ou 40 ans, » a ajouté M. Baril.

Les acteurs du milieu craignent également que la modification des tarifs nuise davantage aux familles à faibles revenus à long terme.

« Mon CPE est situé au Cégep Saint-Laurent, j’ai donc aussi des étudiants parmi mes clients, souligne Mme Szabo. Ils vivent avec des prêts et bourses. 8$, c’est déjà trop pour eux. Si le gouvernement commence à jouer dans les tarifs de garde, il y a de fortes chances que le tarif de base augmente également. Où est-ce que ça va s’arrêter? »

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