Alors que les célébrations entourant le trentième anniversaire de Moisson Montréal se clôturaient jeudi par un spectacle bénéfice mettant en vedette Karim Ouellet, l’organisme, situé à Saint-Laurent, a ouvert les portes de son entrepôt à TC Media. Incursion au sein du plus important centre de récupération, de tri et de distribution de denrées alimentaires au Canada.

Lorsqu’on entre chez Moisson Montréal, on a l’impression de mettre les pieds dans une véritable ruche d’abeilles.  Trier, transporter, emballer, étiqueter, distribuer… Les nombreux bénévoles présents sur place exécutent la tâche qui leur est assignée dans un travail à la chaîne d’une efficacité impressionnante.

Dans l’entrepôt de 107 000 pieds carrés, on retrouve 42 employés à temps plein, 8000 bénévoles, et 1 million de kilos de nourriture en grande partie périssable qui entre et sort chaque mois, le tout pour un budget annuel de 4,2 millions de dollars.

Sur place, des tonnes de denrées non-périssables sont entreposées dans les immenses étagères de plus de 10 mètres de hauteur. Sur le plancher, les bénévoles récupèrent les boites, les ouvrent et les subdivisent afin que chaque organisme reçoive une variété de produits.

Les aliments non-conformes, une boîte de conserve déformée par exemple, sont envoyés dans une salle de triage afin qu’on puisse déterminer s’ils sont consommables.

Réfrigération et triage
À notre gauche se trouvent cinq immenses réfrigérateurs, auxquels on accède par une entrée semblable à une porte de garage. «Dans le premier frigo, on trouve de la nourriture de bonne qualité, qui peut attendre quelques jours avant d’être distribuée, explique le directeur général de Moisson Montréal, Dany Michaud. On l’étiquette par ailleurs en conséquence. Plus on avance dans les réfrigérateurs, plus les aliments doivent être consommés rapidement.»

Nous poursuivons notre chemin, et nous rendons aux multiples salles de triage. On en retrouve une pour les viandes, une pour les fruits et légumes et une pour les produits secs. Chaque produit est évalué un à un. S’il est consommable, il sera réemballé au besoin et étiqueté au nom de Moisson Montréal, afin d’éviter la revente et le retour des produits en épicerie.

Un processus complexe, en particulier en ce qui concerne les viandes. Dans ce cas, les épiceries s’assurent de les congeler juste avant la date de péremption, plutôt que de les envoyer directement à la poubelle, et  Moisson Montréal les récupèrent par la suite. L’organisme teste systématique tous les produits afin de s’assurer qu’il n’y a pas de contamination.

«Il y a un an et demi, je suis allé voir les épiceries pour m’attaquer aux viandes, car elles représentaient moins de 1% de ce qu’on recevait, raconte M. Michaud. La première réponse que j’ai eue, c’est qu’on ne jetait pas de viande en épicerie. Aujourd’hui, j’en suis à 100 tonnes. On travaille avec 30 épiceries actuellement, et on vient de signer avec 175 nouveaux partenaires. Le 100 tonnes va se transformer en 600 tonnes en un rien de temps. »

Des milliers de personnes aidées
Dernier arrêt: le centre de distribution. Chaque année, Moisson Montréal dessert plus de 200 organismes communautaires accrédités sur l’Île de Montréal, qui à leur tour procurent une aide alimentaire à 140 000 personnes, dont 40 000 enfants.

Ici, les bénévoles s’assurent que le bon nombre de boites sont distribués à chaque organisme selon le nombre de gens à qui il vient en aide, et transportent les denrées à bout de bras pour charger les camions. Un travail très physique.

L’efficacité avant tout
En matière de productivité, plusieurs entreprises à but lucratif pourraient s’inspirer des méthodes de Moisson Montréal. Lorsqu’il est arrivé à la tête de l’organisme il y a quatre ans, le président Dany Michaud n’avait aucune idée de l’ampleur du défi qui l’attendait.

«Au départ, il n’y avait pas de structure claire dans les méthodes de triage et de distribution. J’ai voulu changer la donne. Grâce à la structure rigide que nous avons développée, nous sommes passés de 38 millions de dollars de denrées en 2011 à 76 millions en 2015.»

Pour arriver à de tels résultats, M. Michaud a mis en place des indicateurs de performance à tous les niveaux, qui permettent à l’entreprise de s’autoévaluer.

«Il y a quatre ans, on comptait plus de 30% de perte de nourriture à l’interne. Maintenant, nous en sommes à 4%. C’est énorme, ça représente plus de 200 000 kilos de denrées supplémentaires pour les gens dans le besoin.»

«C’est plus facile de solliciter les gens quand on leur montre que les dollars qu’ils investissent rapportent beaucoup. Chaque dollar investi équivaut à 18$ de denrées. Donc, si vous faites un don de 15$, je peux vous assurer que je serai en mesure de nourrir une famille de 4 personnes pendant un mois,» ajoute-t-il.

Pour la prochaine année, Moisson Montréal travaille déjà sur plusieurs nouveaux projets, notamment autour de la récupération et de de la conservation d’aliments saisonniers.

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