Vanessa Limoges /TC Media À tous les mercredis, depuis plus de deux mois, Asmin Hernandez et Megan Kwan préparent de fabuleux lattés au café «Peter Hall».

Depuis un an, l’école Peter Hall, qui accueille des jeunes vivants avec une déficience intellectuelle, construit entre ses murs un véritable petit village avec ses propres commerces et même sa propre monnaie. Le but, préparer ses élèves à la vie après l’école et pour aller au bout de sa démarche Peter Hall doit agrandir, un projet de 2.5M$.

Les 482 élèves qui vont à Peter Hall présentent tous une déficience intellectuelle, des troubles du spectre de l’autisme ou des troubles relevant de la psychopathologie. Toutefois, peu importe leur diagnostic, à l’âge de 21 ans, ils doivent dire adieu à l’école où ils ont grandi.

Et pour les préparer à leur arrivée dans le «vrai monde», l’école a entrepris d’en bâtir un échantillon entre ses murs.

Un petit village «scolaire»

La petite ville, qui prend tranquillement place à l’intérieur des murs de campus Côte-Vertu, permet aux jeunes autant de faire un stage de travail que d’interagir avec les autres d’une toute nouvelle façon.

«Welcome to the cafe, what can I get you», lance avec enthousiasme le jeune Asmin Hernandez, à chaque nouveau client. Le jeune Asmin, vivant avec un trouble du spectre de l’autisme, travaille au café depuis plus de deux mois et«il adore ça», mentionne celle qui a développé le programme pour l’école Peter Hall, Sherilyn Ami.

Dans le cadre du Programme Portail, en plus d’un café, l’école a aussi créé «un dep» où les jeunes utilisent leurs «dollars Peter Hall».

«Ces endroits ont été créés pour que les jeunes apprennent des trucs que l’on considère «de base», mais qui sont pour eux de réels défis», explique Mme Ami.

À la suite de l’agrandissement, l’administration construira également «une mini-maison, pour que les jeunes apprennent à faire leur lit par exemple», explique le directeur Jean Laliberté.

Un programme aux attentes réalistes
Le programme, élaboré par la directrice adjointe Sherilyn Ami, s’adresse aux élèves de 15 à 21 ans et poursuit un but très simple, «rendre le jeune le plus fonctionnel possible avant son départ de l’école».

Le Programme Portail est divisé en trois étapes: Vie quotidienne, Jeux et loisirs et Prévocationnel. Les trois volets ont comme objectif de rendre les jeunes moins dépendants à leurs parents et également, de leur apprendre comment participer activement à leur vie familiale.

«Si les jeunes peuvent se faire un sandwich sans l’aide de leurs parents ce sera mission accomplie», souligne la créatrice du programme.

Un véritable succès
Après un an d’essai, les professeurs observent déjà un «changement d’attitude chez les jeunes, la dynamique n’est plus la même. Ils sont plus faciles d’approche et ils réagissent avec plus de maturité au contact des autres», explique Mme Ami.

«Les jeunes qui travaillent au café ont hâte d’enfiler leur tablier», raconte Tamara Novak, technicienne en éducation spécialisée.

«Ces jeunes ont parfois un but pour la première fois», souligne Mme Ami.

Une clientèle unique
Seulement une cinquantaine d’élèves de Peter Hall sont éligibles au programme innovateur. «Il faut comprendre que 35% de nos jeunes sont en fauteuils roulants, alors nous avons des objectifs totalement différents d’un élève à l’autre», explique le directeur, Jean Laliberté.

Chaque élève a un plan d’intervention différent et «cela nécessite de nombreuses installations, explique-t-il en ajoutant, qu’il n’y a plus assez d’espace pour développer le plein potentiel de chaque élève», renchérit le directeur.

L’école Peter Hall a été la toute première à accueillir les jeunes avec une déficience intellectuelle. L’école est une école privée reconnue d’intérêt public et subventionnée par le Ministère de l’Éducation du loisir et du Sport. À ce jour, les élèves qui nécessitent les services de l’école Peter Hall proviennent de 17 commissions scolaires différentes.

 

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