Les nouveaux appareils CSeries, ont finalement réussi à faire bonne impression auprès de l’industrie aéronautique durant le Salon du Bourget à Paris et ensuite en Suisse, il y a deux semaines. Autant chez Bombardier que chez plusieurs experts, on croit que cet accueil favorable pourrait se traduire par la création d’emplois à Saint-Laurent, en plus d’être synonyme de croissance pour l’avionneur québécois.

«Si notre carnet de commandes augmente, il pourrait se créer des emplois d’ici trois ans à Montréal. Ça pourrait être plus. Un programme comme ça, c’est bon à long terme», indique Sébastien Mullot, responsable du programme CSeries chez Bombardier aéronautique.

Pour Mehran Ebrahimi, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et  expert en aéronautique, l’augmentation des ventes est un scénario envisageable. «Le CSeries a tout pour séduire. Bombardier est en bonne position pour conclure plusieurs ventes.»

L’entreprise a toujours 243 commandes fermes d’appareils CSeries présentement, en plus de 603 engagements avec une vingtaine de clients, selon M. Mullot.

«Si tout va bien, Bombardier augmentera sa production. Si celle-ci se fait sans problème et que les ventes suivent, il pourrait y avoir de nouveaux emplois dès l’an prochain», croit Karl Moore, professeur de management à l’Université McGill.

Obstacles

Malgré son nouveau produit de qualité, les compétiteurs de Bombardiers, qui sont les acteurs majeurs de l’industrie, représentent l’obstacle principal, d’après M. Ebrahimi. «Air Bus et Boeing ne se laisseront pas faire. Ils vendent parfois leurs avions 50% moins cher pour écraser le marché», précise-t-il.

L’expert ajoute que l’entreprise est soumise à une énorme pression financière. «Dans le cas où n’y aurait pas de nouvelles commandes, c’est le statu quo. Pas de nouveaux emplois et peut-être même une diminution de postes», expose M. Ebrahimi.

Le responsable des appareils CSeries n’adhère pas à ces hypothèses. M. Mullot a confiance que la qualité de ses avions attirera les acheteurs potentiels.  «Nos concurrents sont multiples et souvent bien établis, donc ce n’est pas une partie gagnée, mais on a le meilleur produit et ça, c’est déjà une longueur d’avance. Notre avion ne fait pas de bruit quand il vole, il permet de réaliser 15% d’économie sur le coût d’exploitation en plus des économies de carburant, et sa cabine est ultra confortable», répond-t-il.

Le syndicat demeure également optimiste quant au carnet de commandes des CSeries.  «Ils vont réussir à en vendre. On le sait depuis le jour un, malgré les critiques. C’est clair que c’est une question de temps», explique le représentant du syndicat, David Chartrand.

«Bombardier résiste. On pense que ça va maintenir les emplois et même en créer des tonnes.  Sans les CSeries, on aurait perdu énormément de postes. Notre sauveur, ce sont les CSeries. [Bombardier] considère même construire un 500», ajoute le coordonnateur de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale du Québec.

Le professeur de l’UQAM Mehran Ebrahimi met toutefois un bémol. L’embauche dans l’industrie aéronautique n’est pas simple. Selon lui, les avionneurs ont besoin d’expertises ultraspécialisées, ce qui rend le processus long et complexe.

 

Bombardier aéronautique Montréal

10 000 employés

1400  attitrés aux CSeries

300 postes sont à combler

 

 

 

 

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