Getty Images/iStockphoto Le président de la CSPI, Miville Boudreault, affirme entre autres que les interventions se feront dorénavant beaucoup plus tôt pour aider les enfants en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage.

Partout à travers le Québec, la réussite scolaire augmente et le décrochage diminue, et cela n’exclut pas l’est de l’Île de Montréal. Cependant, des améliorations sont encore à faire, alors que la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) affiche le taux de réussite scolaire le plus bas de la région métropolitaine.

Selon l’édition 2017 du Rapport du gouvernement du Québec sur la diplomation et la qualification par commission scolaire au secondaire, parmi les élèves de la cohorte 2009 de la CSPI, 71,5% avaient obtenu, à la fin de l’année scolaire 2015-2016, un diplôme d’études secondaires ou une qualification (attestation de spécialisation professionnelle ou autre). La moyenne montréalaise est de 79,8%, alors qu’au Québec, elle grimpe à 80,1%.

Le président de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, Miville Boudreault, fait toutefois valoir que des améliorations importantes aient été faites au cours des dernières années. «Si on remonte à il y a 7 ans, le pourcentage de diplomation dépassait à peine 50%. Je ne me gêne pas pour dire que c’était catastrophique. Par contre, depuis, on est en progression constante», observe-t-il.

Bien conscient des améliorations qu’il reste à faire, ce dernier est tout de même fier du travail accompli. Il mentionne également qu’alors qu’un élève sur trois à la CSPI était décrocheur il y a une dizaine d’années, un peu moins d’un élève sur cinq l’est aujourd’hui. «Il y a eu une mobilisation dans les écoles de la part des enseignants, des directions et des professionnels. Cependant, ces chiffres ne sont pas encore satisfaisants, alors il faut continuer d’accompagner les jeunes afin qu’ils puissent atteindre la diplomation ou la qualification», de poursuivre le président.

«Ce sont loin d’être des excuses, mais nous avons, entre autres, beaucoup d’étudiants dont le français n’est pas la langue maternelle, alors que même pour les francophones, le français est parfois une matière difficile.» -Miville Boudreault, président de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île

Une tout autre réalité

Selon M. Boudreault, la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île a plusieurs défis à relever, ce qui rend la comparaison avec d’autres commissions scolaires plus difficile à faire. «Ce sont loin d’être des excuses, mais nous avons, entre autres, beaucoup d’étudiants dont le français n’est pas la langue maternelle, alors que même pour les francophones, le français est parfois une matière difficile», laisse-t-il entendre, soulignant par le fait même que l’école Amos, qui permet aux étudiants de compléter certains cours sans passer par la traditionnelle école des adultes, est une option intéressante pour les jeunes qui ne peuvent pas nécessairement compléter leur secondaire en cinq ans.

Le président de la CSPI constate que des défis sont encore à relever pour la commission scolaire. Parmi ceux-ci comptent le décrochage des filles, ainsi que le soutien aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). «On associe davantage le décrochage aux garçons, mais ici, la différence n’est pas tellement grande et on veut connaître les causes de la situation. Aussi, les élèves EHDAA sont déjà ciblés, mais il faut faire encore plus pour qu’ils puissent réussir davantage», fait-il valoir.

La bonne façon de faire?

Le gouvernement du Québec avait fixé l’objectif de diplomation ou de qualification à 80% en 2020, objectif déjà atteint actuellement. Cependant, la question se pose à savoir si la mise en place d’un pourcentage de réussite scolaire à atteindre est la bonne façon de voir un changement réel dans la réussite des jeunes. Le coordonnateur de CartoJeunes, Michaël Gaudreault, croit qu’il s’agit d’un outil efficace.

«L’idée des cibles est parfois remise en question, mais il faut être conscient que parfois, ce sont les conditions dans lesquelles les jeunes étudient, et non leurs capacités, qui les limitent. Ce sont donc ces conditions d’apprentissage qu’il faut tenter d’améliorer», de dire celui qui œuvre également au Centre d’étude des conditions de vie et des besoins de la population (ÉCOBES) au Cégep de Jonquière.

Le président de la CSPI se dit optimiste que la situation continuera de s’améliorer au cours des prochaines années. «Il y aura toujours des améliorations à faire, mais il faut aussi regarder les bons coups réalisés. Tout porte à croire que l’école publique est prête à relever le défi qu’on lui propose et le gouvernement doit continuer à agir en ce sens», conclut Miville Boudreault.

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