La Commission scolaire de la Pointe de l’île (CSPÎ) a élaboré un plan sur quatre ans, qui vise notamment à améliorer la réussite des élèves de l’est de Montréal. La CSPÎ mise en particulier sur une détection plus précoce des élèves en difficulté pour augmenter le nombre de diplômés et limiter le retard scolaire.

 

Selon les chiffres rendus publics par la CSPÎ, 17,3 % des élèves qui font leur entrée au secondaire arrivent avec au moins un an de retard (cohorte 2016-2017) et  72% des élèves obtiennent un premier diplôme ou une qualification. Une réalité qui doit être améliorée juge Miville Boudreault, Président de la CSPÎ.

«On doit mettre un accent particulier sur les élèves en difficultés d’adaptation et d’apprentissage», estime-t-il, jugeant par ailleurs qu’«un élève qui arrive avec du retard au secondaire, c’est extrêmement difficile à rattraper».

La CSPÎ souhaite réduire le pourcentage d’élèves qui arrivent avec du retard en secondaire à 15,6% en 2022.

Pour le taux de diplomation, l’objectif est fixé à 75% en 2022 puis à 80% en 2030; des chiffres ambitieux, mais possibles selon le président de la CSPÎ.

«En 2010, nous étions à 54% de taux de diplomation et de qualification. Nous sommes à 72% en 2018», explique-t-il.

«On a l’environnement et le personnel pour réussir ce défi», assure Miville Boudreault.

Ce dernier ajoute qu’un logiciel informatique «qui permet à l’enseignant de suivre chacun des élèves, chacune de ses notes depuis qu’il fréquente une école la CSPλ a été mis en place. Cet outil s’avère selon lui très utile pour mieux dépister les élèves en difficulté.

La balle est désormais dans le camp des écoles qui ont la charge de mettre en place les programmes et parvenir aux objectifs fixés.

«Chaque école doit faire un projet éducatif qui va s’arrimer à notre plan d’engagement, qui est lui-même lié au plan stratégique du ministère de l’Éducation. Il y a un lien logique», détaille Miville Boudreaut.

Des réponses spécifiques
Les réalités socio-économiques des arrondissements desservis par la CSPÎ – Anjou, Saint-Léonard, Montréal-Nord,  Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles, ainsi que la ville de Montréal-Est – peuvent varier et donc nécessiter un ajustement pédagogique.

Les phénomènes de pauvreté ou d’immigration à l’œuvre dans certains secteurs de l’est peuvent impacter les résultats des élèves, mais M. Boudreault refuse de tirer des conclusions hâtives.

«Les écarts entre les élèves issus de l’immigration et les autres ne sont pas très différents», explique Miville Boudreault. L’écart n’est en effet que de 0,4% entre les deux catégories selon les chiffres fournis par la CSPÎ.

«Le directeur d’une école de Montréal-Nord m’a indiqué dernièrement que les élèves qui ont le plus contribué à l’amélioration du taux de diplomation venaient des classes d’accueil», ajoute-t-il.

Selon M. Boudreault, il s’agit donc finalement d’apporter une réponse spécifique et précoce aux élèves en difficultés afin de parvenir à une amélioration en bout de ligne.

Le syndicat du soutien scolaire satisfait
Le Syndicat du soutien en éducation de la Pointe-de-l`Île (SSÉPI), qui représente 37 métiers de l’éducation en dehors des enseignants, reconnaît avoir été consulté et a apprécié la démarche engagée par la CSPI.

«La CSPI a fait preuve d’une concertation exemplaire dans la confection de ce plan», reconnaît Stéphane Soumis, Président du SSÉPI, qui ajoute que «tous les employés ont pu contribuer à la démarche».

L’enjeu est désormais de voir «comment ce plan va s’actualiser dans chaque école».

«Il faut s’assurer que le personnel soit mis à contribution, car ça peut être à géométrie variable selon les écoles», souligne Stéphane Soumis.

Il demeure aussi indispensable à ses yeux de conserver un équilibre entre le maintien du cap fixé et les ajustements nécessaires à chaque établissement.

Ce dernier insiste donc sur le fait que la concertation et le suivi à l’œuvre lors de la conception du plan doivent se poursuivre lors de son exécution.

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