Isabelle Bergeron/TC Media Marie-Claude Marcoux, infirmière pivot de Mme Brousseau, l’accompagne à prendre une marche dans le corridor de sa résidence.

Un groupe interdisciplinaire de 14 professionnels de la santé spécialisés en gérontopsychiatrie se rendent à domicile chez des aînés avec des problèmes de santé mentale depuis maintenant un an. L’équipe, unique au pays, aide à désengorger les urgences en plus d’offrir une alternative rapide et efficace à l’hospitalisation traditionnelle.

Maquillée, parfumée et visiblement inquiète, Mme Tremblay (nom fictif) ouvre la porte de son logement de Pointe-aux-Trembles. L’octogénaire souffre de dépression sévère et d’anxiété. Mardi, TC Media accompagnait trois intervenants de l’unité d’hospitalisation et résolution de crise de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (anciennement l’hôpital Louis-H. Lafontaine) qui lui rendait visite.

«Je vais mieux, mais j’ai hâte que ça s’en aille pour de bon» confie l’aînée qui a dû vivre des moments difficiles.

«Elle était tellement souffrante que parfois, les nuits, elle allait cogner à la porte de ses voisins quand elle était en détresse», explique Angela Geloso, psychiatre à la tête de cette unité d’intervention.

Aujourd’hui, le cas de Mme Tremblay est presque résolu après environ deux mois de suivi. «Elle commence à avoir des moins en moins de pensées négatives et se dit prête à reprendre une vie active comme elle avait avant», signale Stéphanie Lafond, son infirmière pivot.

Celle-ci se rendait au domicile de sa patiente quatre fois par semaine afin d’évaluer ses besoins et prodiguer des soins.

Une centaine de cas
Pour être admissible au programme inspiré d’un modèle semblable au Royaume-Uni, les patients doivent être référés par leur médecin de famille ou des intervenants du CLSC. Une ligne téléphonique est également disponible 24 heures sur 7 jours.

L’équipe formée de deux psychiatres, une travailleuse sociale, une ergothérapeute ainsi qu’une douzaine d’infirmières, a suivi une centaine de personnes âgées de plus de 70 ans ayant des problèmes en santé mentale depuis la création du programme.

«Notre clientèle cible sont les aînés dont les conditions psychiatriques sont complexes et pourraient conduire à une plus grande détérioration de leur état de santé et de leur niveau de fonctionnement. Nous leurs offrons des soins, des suivis et faisons également beaucoup de liaisons avec des organismes ou d’autres ressources en santé afin de nous assurer de mettre toutes les chances de leur côté», soutient Dre Geloso.

Présentement, une trentaine de patients sont suivis dans l’est de Montréal. Les niveaux d’intervention varient selon l’état de crise et les besoins de chaque personne.

Dépression, anxiété et bipolarité
Nycole Brousseau souffre d’anxiété et de dépression. Enfermée dans son logement dans une résidence pour personnes âgées de l’avenue Pelletier, à Montréal-Nord, la dame refuse de sortir pour manger ou de participer à toute activité sociale.

«Elle a des problèmes de vision et cela semble la gêner. Nous travaillons avec elle pour voir comment nous pouvons l’aider», indique Dre Geloso qui n’a pris en charge le dossier que depuis quelques semaines.

Déjà, des médicaments ont été prescrits pour faciliter son sommeil et pour régler son problème de constipation. Des mesures seront également prises pour adapter son appartement à ses besoins.

De plus, l’organisme Les Petits Frères sera contacté afin de trouver quelqu’un pour accompagner Mme Brousseau et l’encourager à sortir de l’isolement.

De son côté, M. Allard (nom fictif) est suivi à la suite d’une intoxication au lithium, un médicament utilisé pour traiter sa bipolarité.

«Il allait très bien, mais à la suite de l’intoxication on a dû lui enlever son médicament pendant quelques semaines et il a fait une rechute», raconte l’infirmier Robin Boulianne.

L’équipe s’assure, entre autres, que le CLSC complètera les traitements.

«Il utilise une sonde urinaire en ce moment, alors, pour qu’il aille bien mentalement, nous avons besoin de nous assurer qu’il va bien physiquement, indique M. Boulianne. Il va beaucoup mieux, il voit la vie de façon positive et est redevenu assez indépendant.»

Le programme est en constante évolution pour répondre le mieux possible aux besoins de la clientèle. Les résultats sont plus que probants puisqu’il n’y a aucune liste d’attente. Pour l’instant, les services demeurent concentrés dans l’est de Montréal.

 

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