Audrey Gauthier/TC Media Khadija Hamdi.

Alors que les plaintes jugées recevables pour discrimination liée au logement sont en hausse au Québec, le comité logement de Saint-Léonard lance une campagne de sensibilisation afin d’encourager les locataires à dénoncer.

«Mon 5 ½ est trop petit pour votre famille»; «5 ½ parfait pour couple sans enfant»; «mon logement est déjà loué»… Des phrases du genre, Guellati Chahnaz en entend souvent depuis son arrivée à Montréal, en 2016.

«J’ai dû payer quatre mois de loyer d’avance à mon propriétaire actuel pour obtenir mon logement, car il me disait que c’était la marche à suivre pour les nouveaux arrivants», raconte cette mère de famille, arrivée à Montréal avec son conjoint et ses trois enfants.

Cette situation n’est pas unique à Mme Chahnaz.

«On m’a refusé des logements, car je n’ai pas un accent québécois et parce que j’ai trois enfants», raconte Khadija Hamdi. Ne pouvant trouver un logement à son arrivée, en 2009, cette mère de famille a vécu chez sa sœur pendant quatre mois. Depuis, elle déménage presque chaque année.

Les plaintes augmentent
À la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, le nombre de dossiers ouverts pour discrimination dans le logement est en augmentation. À l’échelle de la province, il a bondi de 54%, entre la période de 2006-2011 et celle de 2011-2016.

Il est difficile de quantifier le phénomène à Saint-Léonard, un secteur où près de 65% des ménages sont locataires et dont près d’une personne sur deux est issue de l’immigration. Toutefois, la coordonnatrice du comité logement soutient que ces situations sont fréquentes.

«Je reçois beaucoup d’appels pour des cas de discrimination dans le logement, notamment à propos de la race et de la taille des ménages. Les gens m’appellent en pleurs, car c’est une situation très stressante», souligne Sylvie Dalpé, coordonnatrice d’Action dignité de Saint-Léonard.

Ce dernier a lancé une campagne de sensibilisation pour informer la population de leurs droits, mais surtout pour souligner l’importance de porter plainte.

«Le moyen de lutter contre la discrimination, c’est de porter plainte. Le propriétaire pourrait alors recevoir une amende, le locataire pourrait recevoir une compensation, mais surtout, le locataire va montrer qu’il doit se faire respecter», affirme Sylvie Dalpé.

Les conséquences de l’inaction peuvent être lourdes, ajoute Mme Dalpé. Devant se trouver rapidement un endroit où se loger, plusieurs personnes se résolvent à vivre dans des conditions inadéquates, même insalubres.

«Je suis venue ici pour améliorer ma qualité de vie, pas pour vivre dans un bidonville. À mon arrivée, en 2006, j’ai dû vivre au Domaine Renaissance et les livreurs refusaient de me livrer ma nourriture, car je vivais dans une zone dangereuse», se rappelle Leila.

Pour déposer une plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, les locataires peuvent se rendre à l’adresse http://www.cdpdj.qc.ca.

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