Archives TC Media Les organismes ont lancé une réflexion pour mieux répondre aux besoins des pères immigrants.

Les besoins des pères immigrants à Saint-Léonard ne seraient pas répondus estiment plusieurs organismes du secteur qui ont décidé de s’attaquer au problème.

L’absence de papa à des ateliers et activités offerts par les organismes de l’arrondissement a mis la puce à l’oreille de nombreux intervenants.

«C’est une préoccupation partout à Montréal. À la Maison de la famille de Saint-Léonard, on s’est aperçu que nous avions rarement de papa à nos activités. Aller les chercher est dur», constate Leila Saiah, agente de liaison et de développement à la Maison de la famille de Saint-Léonard et responsable du dossier père depuis quatre ans.

«C’est tout un défi de faire participer les pères, surtout les nouveaux arrivants», renchérit Nadia Misraoui, coordonnatrice au Bureau associatif pour la diversité et la réinsertion (BADR).

La source de cette problématique viendrait des organismes, mais également des hommes eux-mêmes, affirme Stephan Hernandes, intervenant au programme Crise ados-famille-enfant au Centre intégré universitaire de santé et services sociaux du Centre-ouest-de-l’Île-de-Montréal.

«Il y a une féminisation des services. Il faut trouver une façon d’accrocher les pères. Comment peut-on répondre aux besoins sans uniquement penser à ceux de la mère, mais également du père», souligne M. Hernandes.

L’intervenant a également constaté que cette clientèle ne s’engage pas automatiquement dans les activités communautaires, car ce n’est pas une priorité pour eux.

«Les hommes ont de la difficulté à demander de l’aide. Ils ne sont pas portés à reconnaître leurs difficultés. Ils vont consulter, mais seulement à la dernière minute», indique M. Hernandes.

«Leur priorité est de se trouver un emploi. Quand ils arrivent à Montréal, ils doivent se trouver rapidement un travail. C’est leur dernier souci, l’intégration sociale», ajoute Mme Misraoui.

«C’est à nous, les organismes et les intervenants, d’aller vers eux au lieu d’attendre qu’ils viennent vers nous» -Leila Saiah

Rejoindre les pères
Afin de rejoindre davantage les papas immigrants et ainsi répondre à leurs besoins, des organismes ont changé leur façon de faire, notamment en modifiant les heures où se déroulaient les activités pour qu’elles aient lieu les soirs et la fin de semaine.

«Ça fait trois ans que nous ouvrons désormais jusqu’à 20h la semaine. Il y a une recrudescence des pères immigrants à nos activités. C’est une nette amélioration. Nous organisons également des cafés-rencontres pour les hommes. Il y a beaucoup d’intérêt» constate Mme Misraoui, ajoutant que le BADR réfléchit à la création d’un comité qui se pencherait directement sur les besoins de cette clientèle.

À la Maison de la famille de Saint-Léonard, on a notamment changé la façon d’illustrer les activités pour laisser une place aux pères.

«Nous avons, entre autres, changer la façon d’interpeler nos membres par courriel. Au lieu d’écrire chers parents, nous écrivons chère maman, cher papa. Nous valorisons ainsi la paternité», fait valoir Mme Saiah.

L’organisme a également mis en place des formations pour sensibiliser l’équipe d’intervenants sur la paternité. Toutefois, des complications organisationnelles ont retardé la mise en place d’ateliers au cours des dernières années.

Au Regroupement interculturel de Saint-Léonard, on a organisé une formation animée par le Regroupement pour la valorisation de la paternité, le 26 janvier, pour tous les organismes léonardois afin de les outiller sur la réalité et les besoins de cette population, en partenariat avec la Maison de la famille de Saint-Léonard.

«On voulait donner les outils à nos organisations pour qu’elles puissent mieux intervenir auprès des pères immigrants. On s’est penché sur comment rejoindre cette clientèle et on a lancé la réflexion pour que tous puissent trouver les solutions qui leur conviendrait le mieux», mentionne Christian Geffard-Boulet, coordonnateur par intérim du Regroupement interculturel de Saint-Léonard.

Selon l’intérêt et l’évaluation de la formation, le regroupement pourrait proposer de nouveaux ateliers ou outils pour mieux répondre à la réalité des papas immigrants.

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