Hakim Chala n’a peut-être que 18 ans, mais il parvient à s’imposer devant des judokas vétérans et à cumuler les médailles. Le Progrès s’est entretenu avec un athlète en pleine ascension.

Hakim a réussi à tout rafler lors des championnats nationaux canadiens ouverts qui se tenaient à Calgary au mois de mai. Gonflé à bloc, il a d’abord remporté la médaille d’or chez les juniors, le préparant pour les seniors, son principal objectif. « Je me suis tellement bien préparé, je savais que j’avais un avantage sur les autres. »

À son premier combat senior, il affrontait un vétéran de 36 ans, qui avait remporté la médaille de bronze au championnat mondial. « C’est lui qui m’a fait le plus peur, se rappelle-t-il. Une fois que j’ai battu ce gars, je me suis dit « c’est bon, personne ne va m’arrêter »». Il était en voie de remporter sa deuxième médaille d’or.

S’il est en contrôle durant ses combats, ses parents, eux, sont rongés par le stress. N’ayant pas pu faire le voyage à Calgary, ils sont se rivés à leur écran pour observer ses prouesses. « Lui, ça va, mais nous, on est très nerveux », souligne son père, Mohamed, en riant.

« Je me suis tellement bien préparé, je savais que j’avais un avantage sur les autres », Hakim Chala

Une préparation méticuleuse
Sa préparation au cours des derniers mois a beaucoup joué. Lors de ses deux tournées européennes, Hakim s’est frotté aux meilleurs. « C’est sûr que ça m’aide beaucoup », observe-t-il. Lors de la plus récente, au mois de mars, il s’est incliné en seizième de final.

Ernst Laraque, entraîneur du jeune judoka et participant aux Jeux olympiques de Sydney et Athènes, joue pour beaucoup dans sa préparation mentale, physique, mais aussi technique. Avant chaque tournoi, Ernst analyse avec Hakim les faits et gestes des adversaires qui l’attendent lors de séances vidéo.

Auparavant, l’étudiant en sciences de la santé au Collège Maisonneuve se battait dans la catégorie des moins de 66 kilos. Pour obtenir de meilleurs résultats, Hakim a revu sa nutrition pour intégrer la catégorie des moins de 60 kilos. «Il faisait très bien avec les 66 kilos, mais il était désavantagé par son gabarit », estime M. Laraque.

Ce changement drastique n’est pas le seul défi qui s’est présenté à lui. Celui qui pratique le judo depuis l’âge de 12 ans est confronté à un encadrement strict dans les semaines qui précèdent ses compétitions. Il estime perdre de 8 à 9% de sa masse corporelle dans la semaine précédant ses tournois.

Hakim raconte avoir déjà vécu certaines difficultés dans la gestion de sa perte de poids. Au mois de décembre dernier, il avait mal entretenu sa désydratation et son alimentation. «Je me sentais tellement faible, parce que j’avais mal perdu mon poids », indique-t-il. Néanmoins, Hakim est parvenu à s’emparer de la médaille d’or.

Une croix sur le championnat mondial
Les médailles recueillies lui permettent  en théorie de s’inscrire au championnat mondial qui se tiendra aux Bahamas en automne prochain. Cependant, Judo Canada l’oblige à participer à une tournée européenne cet été.

Toutefois, financièrement, Hakim ne peut réaliser les deux tournois, le forçant à repousser sa participation au championnat mondial, où les meilleurs de chaque pays croisent le fer. « C’est la triste réalité du judo au Canada. Le financement vient avec certaines dépenses au préalable », déplore M. Laraque.

Hakim compte tout de même cumuler de l’expérience en participant à diverses coupes américaines pour revenir en force pour le championnat mondial 2019.

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