Laurent Lavoie / Progrès de Saint-Léonard Des blocs de marquage sont inexistants à certains arrêts.

Des organismes s’entendent pour dire que des changements sont à apporter dans le système de marquage à Montréal, alors que plusieurs secteurs, dont Saint-Léonard, peinent à répondre à la demande.

En début de semaine, Le Progrès a sillonné les rues de l’arrondissement et a pu constater de nombreux manquements dans le marquage de la chaussée, notamment aux lignes d’arrêt.

À l’intersection du boulevard Viau et de la rue Jean-Talon, on peut également apercevoir des traverses piétonnes presque totalement effacées, il en va de même à proximité du Centre Ferland et pour d’autres corridors scolaires.

Dans un courriel, l’arrondissement de Saint-Léonard a assuré que si la température le permet, «le marquage restant devrait être complété d’ici la fin de la semaine» et que l’entrepreneur avait jusqu’au 31 juillet pour réaliser les travaux. Pour ce qui est des corridors scolaires, ils seront refaits d’ici la rentrée en septembre.

En 2016 et 2017, l’entrepreneur assigné avait présenté des retards significatifs notamment en raison d’averses aux mois de mai et juin.

«Dès qu’il y a de l’humidité, du froid, des précipitations, on doit soit retarder, ou ça empêche la pose du marquage», souligne Tania Gonzalez, co-porte-parole pour Piétons Québec. Si idéalement les travaux devraient être amorcés au printemps, le passage répété d’automobiles nuit également à la durabilité.

Par ailleurs, le faible nombre d’entrepreneurs qui utilisent un enduit résistant pose problème. «Ils sont très difficiles à trouver», indique celle qui est aussi responsable des campagnes Transports, GES et aménagement du territoire pour le Conseil régional de l’environnement de Montréal. Pour Mme Gonzalez, établir des projets de recherche avec des institutions universitaires pourrait faire partie de la solution.

Pour des secteurs précis tels qu’à proximité d’écoles ou de parcs, Mme Gonzalez estime que le marquage pourrait être fait deux fois par année. Dans le moment, il doit être réalisé entre deux périodes scolaires. Des boîtes éclairantes pour piétons sont aussi installées, dont en face de l’école secondaire Antoine de Saint-Exupéry.

Chez Vélo Québec, le partage de la route inquiète, considérant que l’absence de lignes peut créer de la confusion. «Quand il n’y a plus de peinture, les automobilistes ne sont même plus conscients qu’il y a un espace qui est réservé aux cyclistes. Ça rend plus difficile la cohabitation, affirme Magali Bebronne, chargée de programme. Ça va faire en sorte que les cyclistes vont peut-être se faire frôler davantage.»

Pour neuf arrondissements centraux, c’est l’administration de Rosemont–La Petite-Patrie qui est chargée de l’entièreté du marquage. Cette année, les travaux ont débuté deux semaines en retard en raison du froid. «Ça fait une espèce de goulot d’étranglement qui fait que les marquages prennent très, très longtemps à être refaits au printemps», déplore Mme Bebronne.

Celle-ci précise que la peinture n’est pas en soi suffisante pour assurer la sécurité du réseau routier. «Ça pointe du doigt le problème qu’on a avec les infrastructures qui sont simplement peintes au sol. Malheureusement, c’est une grosse part sur laquelle les cyclistes peuvent se fier.»

Dans un récent entretien avec Métro, le conseiller municipal de Côte-Saint-Luc, Mitch Kujavsky, invitait le gouvernement québécois à revoir l’utilisation et la qualité de la peinture qui sert au marquage de la chaussée.

Solutions suggérées

  • Marquer plus d’une fois par année
  • Envisager l’utilisation d’une peinture plus dispendieuse, mais durable
  • Développer le marché
  • Ajouter des balises physiques pour les pistes cyclables

Marquage nécessitant des retouches
Nombre de plaintes/demandes de service:

  • 2016: 22
  • 2017: 27
  • 2018: 17

Nouveau marquage à des endroits où il n’y en a pas
Plaintes/demandes de service:

  • 2016: 15
  • 2017: 8
  • 2018: 7

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