Thomas Laberge/Progrès Saint-Léonard Le rap de Rowjay (à gauche) et de JT Soul (à droite) est déjà connu à travers le monde.

Rowjay et JT Soul font partie d’une génération de jeunes rappeurs québécois en émergence. Branchés à l’international grâce au Web – leur musique est écoutée abondamment sur des sites de musique en continu – ils n’oublient néanmoins pas leur quartier d’origine. Rencontre avec les deux artistes léonardois qui débordent de potentiel et d’ambition.

Lunettes de soleil, cheveux coupés ras et chaine en or autour du cou, Jason Rosauri – alias Rowjay – a véritablement le look d’un rappeur. Ce style, il le cultive depuis longtemps. À 6 ans, il s’initiait à 50 Cent et OutKast. À 16 ans, il enregistrait déjà sa propre musique.

«Au début, je faisais ça à la blague avec des amis, mais ensuite, on a décidé de prendre ça au sérieux», raconte-t-il. Aujourd’hui, alors qu’il en a 22, il a laissé tomber l’école afin de se consacrer à temps plein à sa passion.

JT Soul – de son vrai nom Gianni Rivera – a une histoire similaire à celle de son ami Rowjay. Enfant d’un père péruvien et d’une mère portugaise, il s’initie de manière précoce à la musique et souhaite rapidement en faire. «C’est vraiment le rap qui m’a donné le goût de devenir un artiste».

Aujourd’hui, à 19 ans seulement, JT a déjà fondé sa propre maison disque, ODDIO, et compte plus de vingt chansons enregistrées et disponibles sur Internet.

Un succès qui traverse les frontières
Rowjay a commencé à faire des concerts en France alors qu’il n’avait que 19 ans. «La première fois que je suis allé là-bas, j’étais mind f***ed. Je n’avais jamais mis les pieds en France et des gens me reconnaissaient dans la rue».

Le rappeur a d’ailleurs profité de l’un de ses voyages en France pour enregistrer une chanson portant sur le 10e arrondissement. «Même si je suis Québécois, je n’ai pas de problème à rapper sur un arrondissement de Paris», lance-t-il.

Bien que JT Soul n’ait toujours pas fait de concerts à l’extérieur du Canada – il a joué dans un festival à Toronto il y a quelques mois –, sa musique est écoutée en Europe, en Suisse et en Suède grâce à des sites de musique en continu comme Spotify.

La musique des deux rappeurs est par ailleurs très populaire sur des plateformes de ce genre. Juste sur Spotify, la chanson «Loud» de JT Soul s’approche des 150 000 écoutes. Un nombre similaire pour la pièce «F-Zero» de Rowjay.

Une manière alternative de se faire connaître
Les deux rappeurs ne s’en cachent pas: leur succès est dû, en grande partie, à l’émergence de ces sites de musique en continu. «Ça nous aide vraiment à nous faire connaître à l’extérieur du Québec. C’est vraiment un bon outil», explique JT Soul.

Rowjay raconte que lorsqu’il a commencé à tourner en France, sa popularité était plus importante là-bas qu’au Québec.

«Je faisais des concerts ici où il y avait 150-200 personnes, et quand je suis arrivé en France je jouais devant 600 spectateurs.» –Rowjay

Spotify rémunère les artistes qui sont sur leur plateforme. L’argent que reçoivent les deux rappeurs n’est toutefois pas suffisant pour leur permettre de vivre entièrement de leur musique. JT Soul travaille comme soudeur avec son père et Rowjay reçoit de l’aide de ses parents. « J’habite encore chez eux », dit-il en riant.

L’âme de la rue Jean-Talon
Bien que les deux jeunes rappeurs commencent à être connus à l’international, ils ne renient pas leurs racines.

«Tout a commencé ici, à Saint-Léonard», raconte JT Soul, se rappelant ses premières rimes écrites lors de longs trajets de nuit à bord de l’autobus 372, rue Jean-Talon. D’ailleurs, le JT de son nom d’artiste, c’est en hommage à cette artère qui a marqué sa jeunesse.

«J’ai commencé à rapper dans les parcs de Saint-Léonard et j’ai beaucoup de fans ici», ajoute-t-il.

Bien que Rowjay se rende régulièrement en France, il n’y a aucun doute sur son véritable chez-soi. «Je ne veux pas aller vivre à Paris. J’aime vraiment Saint-Léonard.»

Le jeune rappeur a d’ailleurs enregistré une chanson qui porte le nom de son quartier natal. «Avec cette toune-là, je fais connaitre Saint-Léonard à Paris», dit-il.

Chose certaine, son quartier a eu une influence sur sa musique. «C’est très multiculturel et moi j’ai beaucoup d’amis qui sont immigrants». Il cite en exemple le fait que ses amis haïtiens lui ont appris des expressions créoles qu’il utilise dans ses chansons.

Existe-t-il un son propre au rap de Saint-Léonard?

JT Soul hausse les épaules. «Non, je ne crois pas. Il y a beaucoup de rappeurs qui proviennent de Saint-Léonard, mais le son de chacun est très différent.»

De l’ambition à revendre
Malgré les difficultés inhérentes au milieu de la musique, les deux jeunes rappeurs sont bien déterminés à vivre de leur art.

«J’ai toujours voulu devenir riche et le rap c’est ma passion. Alors si je réalisais mon rêve avec ma passion, ça serait parfait», lance Rowjay.

Questionné sur ce qu’il souhaite pour l’avenir, JT Soul n’y va pas par quatre chemins : il espère percer le marché européen et ensuite celui des États-Unis. « Je vise l’international. Beaucoup de gens disent que c’est impossible, mais moi je m’en fous! »

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