Malgré ses nombreux parcs et espaces verts, l’arrondissement de Saint-Léonard est aux prises avec des îlots de chaleur. Avec le Plateau – Mont-Royal et Villeray – Parc-Extension, il fait partie des trois arrondissements les plus touchés.

À Saint-Léonard, deux secteurs posent particulièrement problème, soit la zone industrielle, située aux limites nord et est de l’arrondissement, ainsi que la rue Jean-Talon Est.

L’absence de végétation fait en sorte que l’indice de canopée, c’est-à-dire l’indice d’ombrage au sol, y est très faible. Le taux idéal doit se situer entre 30 et 40%. À Montréal, la moyenne est de 20 % tandis que dans l’arrondissement Saint-Léonard, celui-ci se situe à 9,4%, rapportait le quotidien La Presse, en juillet dernier.

Selon Didier Michaud, coordonnateur, et Paula Berestovoy, chargée de projet à l’éco-quartier de Saint-Léonard, l’indice de canopée, ainsi que la couleur des surfaces, influencent la température ambiante.

« Le noir absorbe la chaleur tandis que le blanc la reflète. C’est la même chose dans une ville : l’asphalte et les toitures plates en goudron, qui occupent une grande surface, sont foncés. Dans les arrondissements où il y en a beaucoup, la chaleur est absorbée pendant le jour. Quand le soleil se couche, la chaleur accumulée reste là. Il n’y a pas de refroidissement pendant la nuit », explique Mme Berestovoy.

Or, les préoccupations environnementales se heurtent à la réalité économique. L’espace restreint laisse peu de place aux projets de verdissement qui pourraient aider à contrer le phénomène des îlots de chaleur.

« On est dans une zone industrielle qui a été créée dans les années 1950-1960. Elle répond donc aux besoins des entreprises et au développement économique de cette époque. Nous sommes maintenant en 2011 et la zone est à sa pleine capacité. Les entreprises qui se développent et qui sont amenées à grandir ne peuvent souvent pas le faire parce que l’espace est limité. Les débarcadères et les infrastructures ne répondent pas à leurs besoins. Avant, on voyait rarement des camions de 12, 20 ou 30 pieds », explique la présidente de la Corporation de développement économique et communautaire (CDEC), Véronique Fenocchi.

Ce problème touche principalement les rues Du Creusot, Pascal-Gagnon et Champ-d’eau. Au contraire, les boulevards Des Grandes-Prairies et Couture ainsi que la rue du Prado sont relativement « verts », fait-elle savoir.

Semer pour récolter …des solutions!

Les équipes de l’éco-quartier et de la CDEC de Saint-Léonard se sont rencontrées afin de discuter des différentes solutions qui pourraient être appliquées.

Parmi les scénarios envisageables, il y a l’installation de toits blancs, l’aménagement de toits verts et la plantation de végétaux.

« Si, dans un arrondissement où il y a beaucoup de toits plats, on changeait les membranes noires pour des membranes blanches qui réfléchissent la chaleur, ça réglerait une partie du problème. Même chose si on ajoute des arbres. On peut aussi planter des vignes grimpantes pour faire du verdissement vertical. Ça fait en sorte que les murs foncés, qui accumulent de la chaleur, restent plus frais.

« Il y a aussi la possibilité de construire des serres sur les toits d’usines. La chaleur du bâtiment chauffe la serre. Elle agit comme un isolant pour l’usine. C’est une super belle solution. Il faut seulement s’assurer que la structure puisse soutenir la construction », informe Mme Berestovoy.

L’administration locale a annoncé la plantation de 150 à 200 arbres sur la rue Jean-Talon Est, entre le boulevard Viau et de la rue de la Villanelle, le 5 octobre.

« Certains commerçants sont extrêmement heureux parce qu’ils voient une rue qui va devenir plus intéressante pour les piétons. Une rue où il y a plus d’arbres, où on va pouvoir se promener à l’ombre », soutient Mme Fenocchi.

Pour ce qui est du secteur industriel, aucune mesure concrète n’est encore prévue. Cependant, différents projets pour diminuer l’empreinte écologique des industries sont envisagés.

« On veut vraiment travailler avec l’éco-quartier pour se donner des pistes de solution et des objectifs, car on ne pourra pas tout faire tout de suite », fait savoir la présidente de la CDEC.

Du côté de l’arrondissement, il n’existe aucun incitatif financier ou programme pour pousser les citoyens, commerçants et industries à lutter contre les îlots de chaleur. Toutefois, Marie-Michèle Daoust, chargée de communication, signale que le verdissement « est un enjeu important et il y a une grande volonté en ce sens là ».

Pour en savoir plus, on lit: « Îlots de chaleur: risques pour la santé »

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