Patrick Deschamps Pour l’agent sociocommunautaire, Daniel Castonguay, il est primordial d’aller rencontrer les nouveaux arrivants pour démystifier le rôle du policier et du système de justice.

La rentrée scolaire n’est pas seulement synonyme d’un plus grand nombre d’enfants dans les rues. Pour l’agent sociocommunautaire du poste de quartier (PDQ) 42, Daniel Castonguay, c’est un moment de rencontre avec les nouveaux arrivants qui choisissent la grande ville, plus particulièrement l’arrondissement de Saint-Léonard, comme nouvelle terre d’accueil.

Depuis 2007, il se fait un devoir de rencontrer les nouveaux arrivants pour qui cette rentrée rime non seulement avec l’apprentissage d’une nouvelle langue, mais également avec l’adaptation à un nouveau milieu de vie où les règles ne sont pas toujours les mêmes que dans leur pays d’origine.

Cette initiative découle d’une lacune constatée vers les années 2000, explique le policier : « À l’époque, on s’était rendu compte qu’un travail plus régulier auprès des nouveaux arrivants aiderait non seulement à leur intégration, mais aussi à leur compréhension du rôle des policiers et du système de justice. »

En parlant avec un intervenant de l’école secondaire Antoine-de-Saint-Exupéry, Michel Côté, les deux hommes déterminent qu’une rencontre annuelle par groupe de classe d’accueil est nécessaire.

Vers une relation de confiance

Cela fait donc cinq ans, que l’agent Castonguay se promène entre les écoles secondaires du quartier et les différents organismes qui offrent des services aux nouveaux arrivants, entre autres, les locaux de l’Accueil aux immigrants de l’Est.

« Lorsque les gens arrivent au pays, ils sont parfois méfiants envers les policiers. Mon but ce n’est pas qu’ils croient tout ce que je leur dis, mais bien qu’à la fin de la rencontre ils se questionnent et se demandent « Et si ce qu’il vient de nous dire était vrai? » », mentionne-t-il.

Lors de ses visites, il commence par démystifier et expliquer le rôle du policier. « Nous savons que dans plusieurs pays, la police représente l’autorité et il n’y a pas toujours un rapport de confiance », souligne l’agent. Pour lui, il est primordial d’expliquer aux nouveaux venus qu’il ne faut pas craindre de dénoncer une situation problématique.

« Ce n’est pas partout dans le monde que les policiers ont une formation. Des preuves, ça ne disparait pas. Il y a des pays où des pressions peuvent être exercées sur des policiers pour ne pas qu’ils enquêtent sur une personne. Je dois donc leur expliquer, qu’au Canada, nous sommes formés et que quelqu’un ne pourrait pas venir nous donner de l’argent pour qu’on dissimule des preuves », dit-il.

Il précise que sa présentation s’adapte en fonction du groupe qu’il rencontre. Lorsqu’il est devant des jeunes, son intervention est davantage axée sur la prévention. « Je débute en leur parlant des principales lois et de la Charte des droits et libertés. Il y a des choses simples, comme le fait qu’il est interdit de se trouver dans un parc après 23 h, que les gens ignorent », soulève l’agent. Il va également sensibiliser les jeunes à l’intimidation, aux drogues et aux dangers des médias sociaux.

Devant des groupes adultes, le policier aborde également des sujets un peu plus sensibles tels que la violence conjugale. « Ce que je souhaite leur faire comprendre, c’est qu’ici les policiers n’ont pas des pouvoirs, mais bien des devoirs. Au Canada, un policier c’est une ressource, confie-t-il. Lorsque j’aborde des sujets plus délicats, je suis conscient que ce n’est pas tout le monde qui viendra m’en parler ouvertement. Je vais donc diriger les gens vers les ressources nécessaires et également leur parler du soutien qui existe. »

Il considère que les nouveaux arrivants ont besoin de référence afin de se situer. Lorsqu’il les rencontre, l’agent Castonguay, met au clair quelque chose : il n’est pas là pour juger la manière dont les policiers fonctionnent ailleurs, il est là pour les informer et leur expliquer comme ça fonctionne dans leur nouveau chez soi.

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