L’idée qu’a effleurée le ministre des Transports, Robert Poëti, d’ajouter une taxe pour contribuer au financement du transport collectif, dont le prolongement de la ligne bleue, n’a pas déplu en tous points à Dominic Perri, conseiller du district Saint-Léonard-Ouest.

«Je crois que M. Poëti a été mal compris. Son idée n’était pas mauvaise, je dirais même qu’elle pourrait faire partie des solutions envisageables pour que le prolongement de la ligne bleue se concrétise plus rapidement.»

Dans un entretien avec Radio-Canada, tenu le 24 février, le ministre des Transports avait affirmé qu’il souhaitait financer le développement des transports collectifs avec une taxe sur les propriétés construites à proximité d’une station de métro ou d’un train de banlieue. Les réseaux sociaux se sont vite enflammés, baptisant ce nouveau type d’imposition «la taxe Poëti».

Le soir même, le ministre s’est révisé. «Contrairement à ce qui a été véhiculé dans le reportage de Radio-Canada, le gouvernement du Québec n’a aucunement l’intention de créer une nouvelle taxe pour les citoyens qui habitent à proximité des services de transport collectif existants et à venir», a déclaré M. Poëti, par voie de communiqué.

Pas à n’importe quel prix
Le conseiller municipal Dominic Perri a réagi à plusieurs reprises sur son compte Twitter.

«Je ne crois pas que c’est une mauvaise idée en soi et qu’il faut complètement l’abandonner. Cependant, il faut faire la part des choses. Je ne crois pas qu’on puisse imposer cette taxe à n’importe qui et de n’importe quelle façon», a fait valoir M. Perri en entrevue.

Selon le conseiller, ce sont les nouvelles constructions et les terrains vagues qui devraient être taxés et non pas les résidences qui existent déjà.

«Prenons l’exemple d’un terrain qui vaut 100 000$. Si un métro est construit tout près, sa valeur augmentera pour atteindre jusqu’à 1M$. Pour l’instant, c’est le propriétaire du terrain qui est heureux, car il s’enrichit grâce aux investissements du public. La logique serait que le public retire lui aussi une partie de cet argent. Si c’était le cas, à la place de prendre le 1M$ et le mettre directement dans les poches du propriétaire, on en prendrait une partie pour financer les projets de transport en commun. C’est ça l’idée que je préconise.»

Le conseiller estime que les propriétaires de résidences privées sont déjà surtaxés.

«On devrait donc privilégier les terrains destinées à construire des bâtiments commerciaux, souligne-t-il. Les propriétaires de duplex sur Jean-Talon ne devraient pas payer, selon moi, pour l’arrivée du métro de la ligne bleue chez eux.»

L’élu espère donc qu’une alternative de ce genre sera analysée par le gouvernement.

«Je ne veux surtout pas leur dire quoi faire, mais je pense que ça pourrait être une piste de solution. C’est un principe qui existe dans plusieurs autres grandes villes du monde. Il faut clairement trouver des sources de revenus, c’est évident que le gouvernement n’a pas l’argent pour les projets comme ceux du prolongement de la ligne bleue», conclut M. Perri.

Ni le maire Bissonnet, ni l’arrondissement, ni la SDC Jean-Talon n’a souhaité émettre de commentaires à ce sujet.

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