Archives TC Media Les résidents du Domaine Renaissance sont aux prises avec des problèmes d'insalubrité depuis plus de 15 ans.

En seulement un an, l’agente de milieu chargée d’accompagner les locataires du Domaine Renaissance durant les opérations d’extermination a visité pas moins de 299 ménages. Au rythme de trois jours par semaine, elle s’est déplacée de logements en logements pour faciliter les traitements contre les punaises, coquerelles et autres vermines.

Au cours de sa première année de travail dans la zone Viau-Robert, l’agente s’est déplacée 150 fois pour des cas de punaises de lit, 93 fois pour des coquerelles et 56 fois pour des souris.

Lorsqu’un problème est signalé au gestionnaire des immeubles, à la suite d’une plainte ou de la visite d’un inspecteur, l’agente de milieu consulte la liste de traitements afin de visiter les locataires concernés. Elle offre un soutien sur place, prépare et anime des rencontres d’information au local communautaire de la RUI et compile les données qualitatives et quantitatives qu’elle récolte au fil de ses actions.

«Par exemple, elle peut tout simplement aider une mère seule avec son bébé à apporter des sacs de linge à la buanderie», illustre la coordonnatrice du projet de Revitalisation Urbaine Intégrée, Catherine Boucher.

Depuis son embauche, il y a eu plusieurs améliorations dans la zone Viau-Robert, mais l’accompagnement des locataires est toujours nécessaire. «Ce n’est pas tout le monde qui est capable de préparer le logement pour l’exterminateur. Juste le soutien moral qu’elle apporte, ça fait 50% du travail», estime Mme Boucher.

Financement tri-partite
En 2014, l’arrondissement, la Direction de l’habitation de la Ville de Montréal et le Centre de santé et de de services sociaux (CSSS) de Saint-Léonard et de St-Michel, constatant la faible implication du propriétaire dans les dossiers de salubrité, ont accepté d’embaucher une personne pour accompagner les locataires. Le financement du programme s’élevait à 24 000 $. Le mandat de l’agente de milieu devait se terminer en mai 2015.

Depuis, Concertation Saint-Léonard, qui chapeaute le projet de Revitalisation Urbaine Intégrée (RUI) de la zone Viau-Robert assure seul son financement. Selon la RUI, il était impératif de poursuivre le travail de l’agente de milieu vu l’ampleur des problèmes d’infestation.

«En octobre, l’enveloppe de la RUI ne permettra plus de payer», informe sa coordonnatrice, Catherine Boucher.

Mais les partenaires se veulent rassurants, le financement devrait être de retour. Une demande de financement est d’ailleurs en cours d’écriture. «Concertation Saint-Léonard profite de cette période pour prendre le temps de proposer un nouveau projet», fait savoir Ismaël Sougou, le directeur de la table de concertation du quartier.

Des rencontres entre les trois partenaires devraient permettre un renouvellement du financement une fois la demande et le bilan formulés par Concertation Saint-Léonard.

«Tout le monde est très positif et souhaite voir le projet se poursuivre», assure le directeur des Affaires publiques et du développement communautaire de Saint-Léonard, Steve Beaudoin.

Responsabilité partagée
Cette fois, les partenaires s’entendent pour dire que le propriétaire du Domaine Renaissance devrait aussi faire partie du partenariat.

Le conseiller en matière de santé publique du CSSS de Saint-Léonard et de Saint-Michel, Claude Doyon est grandement favorable à la poursuite du projet. Quant à savoir si le financement reprendra, il précise que si le propriétaire manifeste un intérêt pour le mandat de cette agente de milieu, un appui du CSSS serait envisageable.

«Malheureusement si le domaine communautaire a pris les choses en main, c’est qu’il y a eu laxisme quelque part», constate Catherine Boucher.

Inspection systématique
Le Domaine Renaissance, réputé pour ses problèmes d’insalubrité depuis plusieurs années, est suivi de plus près par l’arrondissement, et la Ville depuis août dernier. Plus de deux fois par mois, des inspecteurs signalent les non-conformités à la réglementation sur la salubrité plutôt que de ne répondre qu’à des plaintes de la part de locataires, informe un un chargé de communication de la Ville de Montréal, François Goneau.

«Suite à la réalisation des nouvelles inspections, sept logements ont été ajoutés à la liste de logement interdits de location sans que des travaux correctifs n’aient été réalisés», ajoute-t-il.

Rappelons que des 734 764$ émis en amendes pour insalubrité à Montréal depuis 2007, plus de 500 000$ ont été décernés au propriétaire du Domaine Renaissance.

Au moment de mettre en ligne, le propriétaire des 21 immeubles, Groupe Mach, n’avait pas retourné les appels de TC Média.

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