Isabelle Bergeron Christophe est présent pour les jeunes dans les rues de Saint-Léonard depuis le 1er juin, beau temps, mauvais temps.

Confidentialité, non-jugement, relation égalitaire, disponibilité. Tels sont les principes qui guident Christophe Hotte, premier travailleur de rue dans Saint-Léonard, lorsqu’il déambule dans le quartier. TC Media l’a rejoint sur le terrain où, jour et soir, il espère venir en aide aux jeunes.

Il est 13h10, au parc Wilfrid-Bastien. Sac-à-dos vert fluo, chaise de camping et imperméable à portée de main, Christophe est prêt à arpenter les chemins qui relient les parcs du quartier, qu’il connaît maintenant par cœur.

Premier arrêt, la Boulangerie Pita Pizza, où il s’arrête au moins une fois par semaine depuis son embauche, le 1er juin. Christophe bavarde avec celui qui lui prépare son dîner, une conversation anodine qui lui permet aussi de rejoindre les jeunes. «Ici, pendant l’école, c’est plein de monde. Il est super sympathique, et je sais que les jeunes lui parlent aussi», explique Christophe à propos de l’employé de la boulangerie.

Dans sa description de tâche, le travailleur de rue, bilingue, va à la rencontre des jeunes âgés de 12 à 25 ans qui vivent une rupture sociale – décrochage, isolement, pauvreté, toxicomanie. Sur le terrain, ses objectifs et les endroits qu’il fréquente sont aussi variés que le nombre d’interventions qu’il réalise auprès des jeunes et des moins jeunes. Il leur fait la conversation, leur apporte de l’aide ou les dirige vers les ressources disponibles à Saint-Léonard.

Depuis son arrivée, le travailleur de rue tisse des liens avec les responsables de la Maison des jeunes, du Carrefour jeunesse-emploi, différentes écoles et responsables de la Ville. C’est de cette manière qu’il peut renseigner les jeunes et les accompagner auprès des ressources qu’offre Saint-Léonard.

«Le but de l’approche c’est d’être le plus personnalisé possible selon les besoins des jeunes qu’on rencontre», explique Christophe. Lorsqu’il prévoit un itinéraire, il n’est pas rare qu’une rencontre avec un jeune l’amène à bifurquer: vers le terrain de basket ball, vers la maison des jeunes, ou tout simplement à plonger dans une discussion sur l’avenir et les études post-secondaires. «Chaque journée est différente. J’y vais au jour le jour, aussi selon la température.»

Être «nouveau» dans le quartier ne semble pas l’incommoder, au contraire. «Ça me donne l’opportunité de développer un milieu où les jeunes ne sont pas nécessairement habitués d’avoir un travailleur de rue, c’est vraiment motivant.»

La venue de Christophe est une initiative du Collectif Jeunesse de Saint-Léonard, qui a mandaté l’organisme PACT de rue pour répondre aux besoins constatés par les différents organismes du quartier.

Confiance à venir
Vers 14h, les familles et des groupes du camp de jour s’amusent dans les modules de jeux du parc Coubertin. Saint-Léonard est, selon le vagabond, un quartier très vivant. «Il y a toujours des gens dehors, même une journée un peu pluvieuse comme aujourd’hui. Les jeunes sont actifs, ils veulent faire du sport, ils veulent participer.»

Même sans la présence d’un journaliste, Christophe n’aurait peut-être pas fait d’intervention cette journée-là. Le lien de confiance avec les jeunes mettra du temps à se créer. «Dans l’ouest de Montréal où j’ai travaillé pendant deux ans, je connaissais bien les jeunes. Là, c’est plutôt rare que les jeunes m’appellent directement sur mon cellulaire pour me voir.»

Quarante minutes plus tard, retour au parc Wilfrid-Bastien. Christophe est catégorique: la confidentialité est primordiale dans son travail. «Je le dis toujours aux jeunes, c’est vraiment, vraiment important pour moi.»

Du côté du Poste de Quartier 42, on respecte énormément la confidentialité du travail de Christophe. «Il ne travaille pas pour nous. La seule raison pour laquelle il va signaler, c’est s’il y a un danger imminent pour la vie, comme n’importe quel citoyen, dans n’importe quelle situation», indique l’agente sociocommunautaire Julie Mazerolle.

Mais il y a aussi le non-jugement. «Les jeunes sont à l’aise de nous parler, assure Christophe. On met toutes nos idées préconçues de côté.»

D’ailleurs, il ne forcera jamais personne à lui parler. «On intervient au moment où la personne le veut bien. C’est rare qu’on va vers quelqu’un qu’on ne connaît pas la première fois», explique-t-il.

A 15h30, après sa tournée au parc Delorme, Christophe ira faire son tour à la Maison des jeunes. Il est déjà un habitué.

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