PACOPHOTO.CA Des travaux ont actuellement lieu au domicile de Dominic Perri pour le remplacement de sa toiture par un toit blanc

Alors que les toits blancs se multiplient à Montréal, où plusieurs arrondissements les imposent, Saint-Léonard n’envisage pas de les rendre obligatoire. Le conseiller de ville Dominic Perri opte plutôt pour la sensibilisation en modifiant la toiture de sa propre maison.

«Il y a sûrement des centaines de toitures qui se font par année en ce moment à Saint-Léonard. Il faut en parler, il faut que les gens soient au courant, et en les conscientisant, il y a une demande qui va se créer», explique le conseiller.

Selon le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE), un toit blanc ne capte que 15% de la chaleur solaire alors qu’une toiture de goudron traditionnelle en absorbe 85%. Non seulement la température intérieure de la maison pourvue d’un toit blanc sera à la baisse, mais également la quantité de chaleur générée par le bâtiment, qui contribue aux îlots de chaleur urbain.

«Avec les toits verts et les toits blancs, on a un fort impact sur la réduction de la chaleur à l’intérieur de la maison mais aussi pour lutter contre les îlots de chaleur urbains», indique Emmanuel Rondia, chargé de projets en environnement au CRE.

La toiture de M. Perri «aurait pu attendre quelques années», mais les avantages des toits blancs qu’il a découverts au fil de ses recherches sur le sujet l’ont convaincu d’aller de l’avant avec des travaux qui remplaceront l’asphalte noir par une membrane réfléchissante.

Malgré les vertus écologiques de ce type de toit, M. Perri estime que l’implantation d’un règlement sera un long processus. Il souhaite faire connaître ces matériaux, mais considère qu’il est encore trop tôt pour les imposer aux citoyens.

Pourtant, ces avantages ont convaincu les élus de cinq arrondissements montréalais d’amender leur règlement d’urbanisme au cours des dix dernières années.

Les citoyens de Rosemont – La Petite-Patrie, Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, Sud-Ouest, Ville-Marie et Villeray Saint-Michel – Parc-Extension sont tenus d’opter pour un toit végétalisé ou des matériaux blancs ou réfléchissants lorsque vient le temps de changer leur toiture.

D’ailleurs, le schéma d’aménagement de Montréal, qui comporte un volet sur les changements climatiques, stipule que les arrondissements doivent prendre «des dispositions concernant […] des effets de chaleur causés par les toits en exigeant, par exemple, […] des toits clairs, blancs ou verts.»

Selon le chargé de communication à la Ville de Montréal François Goneau, les arrondissements ont effectivement jusqu’à la fin de l’année 2015 pour se munir d’un règlement.

Souhaits à long terme
M. Perri rappelle que le plan d’urbanisme de la Ville de Montréal est toujours à faire.

«Dans le schéma d’aménagement il y a tellement de choses, mais ce sont surtout des souhaits qui se traduiront en règlement bien plus tard», affirme-t-il, ne sachant pas à quel moment une réglementation pourrait voir le jour à Saint-Léonard.

Le CRE souhaite toutefois encourager les arrondissements à aller de l’avant. M. Rondia souhaite rencontrer au mois d’octobre les directions d’aménagement d’Anjou, Montréal-Nord et Saint-Léonard, puisqu’ils sont concernés par son projet de lutte aux îlots de chaleur intitulé ILEAU.

 

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