La Maison des jeunes Le Zénith, dont le budget a diminué de près de 100 000$ en un an, a vu deux intervenants quitter et a dû mettre un terme à plusieurs activités depuis le début de l’année. Malgré tout, sa directrice garde le cap sur sa mission, celle de servir la jeunesse.

La maison des jeunes a du essuyer un refus à plusieurs demandes de subventions et programmes gouvernementaux et a vu différents organismes prendre le relais sur ses activités, lui retirant du même coup une partie des fonds qu’elle recevait pour des projets.

En 2014-2015, elle disposait de 227 680 $. Cette année, son budget est de 132 492 $.

Les fonds de Québec en forme et du Programme de prévention et d’intervention en matière d’exploitation sexuelle des adolescents du ministère de la Sécurité publique n’étaient pas au rendez-vous cette année.

«Le rôle de l’intervention de milieu a été donné à Pact de rue cette année pour un travailleur de rue. On n’avait donc plus l’expertise pour recevoir l’argent du programme pour la prévention de la prostitution juvénile», explique la directrice Sabrina Abdeddaim.

L’intervenante qui donnait les ateliers sur la sexualité a donc quitté son poste, comme l’a fait le travailleur de milieu qui travaillait à la maison de la rue Jarry depuis 2006.

Plusieurs activités menées par ces deux ressources ont pris fin, comme les ateliers d’initiations aux graffitis et le «barbershop». Les ateliers de cuisine ne sont pas non plus les mêmes.

«Avant, on avait environ 100$ par atelier pour faire une épicerie et cuisiner. Là, c’est sûr qu’on fait plus de pâtes», affirme Mme Abdeddaim, qui tenait à poursuivre l’activité pour donner à manger aux jeunes qui passent la soirée à la maison des jeunes.

Le YMCA a aussi repris la gestion du café étudiant à l’école secondaire Antoine de Saint-Exupéry, recoupant de 36 000$ le budget de la maison des jeunes.

Outre un financement d’environ 70 000 $ venant d’un programme d’aide aux organismes demandé chaque année, la maison des jeunes doit formuler des demandes de financement projet par projet, qui permettent parfois l’embauche d’intervenants.

Mme Abdeddaim travaille actuellement avec une seule intervenante, Maude Joanisse.

Déménagement en vue
Pour palier ce manque de financement, une solution s’impose: celle de déménager de son local de la rue Jarry, dont le bail arrivera à échéance au mois d’octobre 2016.

«C’est ce qui coûte le plus cher. Je cherche un moyen de nous héberger gratuitement, affirme la directrice. Notre premier but, c’est de trouver un local. Notre deuxième, c’est d’engager Maude à temps plein», affirme la directrice.

Le contrat de sa collègue, Mme Joanisse, se terminera au mois d’avril.

Les finances actuelles ne permettent pas d’engager l’intervenante par la suite, mais un nouveau local moins coûteux permettrait de l’embaucher à la fin de son contrat.

L’arrondissement a rencontré des représentants de la Maison des jeunes à la fin de l’été 2015, selon Julie Blais, chargée de communication. 

«Le but était de discuter de la situation et de l’aider à trouver des solutions en l’encourageant, entre autres,  à déposer des demandes de subvention pour financer ses activités.»

La Maison des jeunes est accompagnée par l’arrondissement: locaux, soutien lors d’événements professionnels, expertise professionnelle, prêt de matériel et soutien au dépôt de subventions sont à sa disposition.

Voir tout ça d’un bon œil
Malgré le manque de financement, tout ne va pas si mal, constate Mme Abdeddaim, qui a repris le flambeau au mois de mars.

La maison des jeunes n’est pas dans le rouge. Le déficit de 25 000 $ qu’elle a connu l’an dernier a été comblé par un retour de financement, «un peu plus tard que prévu».

«Ce n’était pas une dette, c’était juste une année financière dans le négatif et on attendait des subventions», explique-t-elle, précisant qu’elle n’y était pas, à ce moment-là.

Devant le peu de moyens dont elle dispose, Mme Abdeddaim garde le cap sur les activités gratuites ou peu coûteuses, et mène différents projets avec l’intervenante Mme Joanisse.

«Je ne dépense pas beaucoup. On réussit à faire plein de choses en organisant des activités qui ne coûtent rien, comme un rallye photo au Mont-Royal. On fait du yoga, de la zumba, par nous-même. On est allés aussi au Biodôme et à la Ronde grâce à des coupons que l’arrondissement nous avait donnés.»

Elle et sa collègue multiplient les demandes de subventions, entre les activités de groupe à la maison des jeunes, à la bibliothèque et à l’école.

«On a une liste de dates limites. On présente des projets et on envoie des demandes partout».

 

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