Sur les 2 000 nouvelles places en centres de la petite enfance (CPE) et en garderies subventionnées qui seront créées, plus du quart seront situées dans les arrondissements du Sud-Ouest et de Verdun, à Montréal. Ces secteurs connaîtront tout de même un déficit pour garder et éduquer les tout-petits d’ici 2021, selon les projections du ministère de la Famille.

De nouvelles estimations statistiques sur l’offre et la demande en service de garde éducatif ont permis de cibler un total de 26 territoires qui sont en manque de places ou en milieux défavorisés au Québec.

«Cet exercice de révision nous a donné l’occasion de connaître précisément les besoins des parents et d’identifier les territoires», justifie le ministre Luc Fortin, lors de l’annonce d’appel de projets faite au CPE Les Petites Cellules, dans les locaux d’Ericsson, à Saint-Laurent.

Dans cet arrondissement, le taux de couverture de la demande de places en services de garde sera considéré comme équilibré dans trois ans par le ministère. Sur le terrain, la demande est pourtant forte. Les Petites Cellules accueille 74 enfants, mais plus de 200 sont sur liste d’attente.

«Le CPE a été bâti pour 80 enfants, indique la directrice, Stella De Gaetano. Nous en espérons donc six supplémentaires grâce à cette annonce. Si l’offre continue d’augmenter, il faudrait envisager ouvrir une nouvelle installation.»

Ainsi, quelque 300 places seront également ajoutées sur le territoire du CSSS Jeanne-Mance, au centre-ville et sur le Plateau-Mont-Royal, et quelques dizaines dans Parc-Extension, Côte-des-Neiges et Rosemont.

Au contraire, les données montrent un surplus de places prévu pour 2021 dans Pierrefonds, Ahuntsic et Saint-Michel notamment.

Projets en cours
Près d’une centaine de projets existants, prévus pour 2015, mais encore non réalisés, pourraient quant à eux être facilités, permettant ainsi 3 800 autres nouvelles places.

«Nous augmentons la contribution du gouvernement à 75 %, voire 100 % pour le financement des infrastructures», explique le ministre de la Famille.

La date de réalisation des projets pourrait également être devancée. Si une opportunité, comme un local disponible, se présente, le promoteur pourrait également être autorisé à aller dans un territoire limitrophe.

Aucune enveloppe supplémentaire n’est nécessaire pour aller de l’avant, le ministre ayant précisé que des fonds étaient disponibles dans son budget de fonctionnement.

Réactions mitigées
L’association québécoise des CPE accueille cette nouvelle avec beaucoup de réserve. «Ce gouvernement a empêché la création de places avec des règles qui étaient beaucoup plus sévères et strictes en changeant le financement de 100% à 50% en tout début de mandat», soutient son président-directeur général, Louis Senécal.

Il rappelle qu’il s’agit de faciliter la création de 3 800 places déjà attribuées. Le ministre a reconnu que ces projets ont été retardés, notamment pour des considérations financières.

Quant à la création de 2 000 places, qui se feront à 85 % dans les CPE, M. Sénécal s’en réjouit, mais parle d’un «coup d’épée dans l’eau» compte tenu des besoins des familles.

Par ailleurs, pour le vice-président de l’Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI), David Haddaoui, cette annonce pourrait créer un déséquilibre. «Si le gouvernement n’aide pas les garderies privées et qu’un CPE se retrouve à côté d’une d’entre elles, on va se retrouver avec des employés sans emploi», justifie-t-il.

Les CPE et garderies subventionnées qui souhaitent déposer des projets dans le cadre des 2 000 nouvelles places ont jusqu’au 6 juin pour le faire.

Un CPE récompensé

Le CEP Les Petites Cellules (Isabelle Bergeron/TC Media)

Le CPE Les Petites Cellules, où se déroulait l’annonce du ministre de la Famille, a remporté le mois dernier un Grand Prix du design dans la catégorie Établissement institutionnel. Sur la rue Cohen, il accueille les enfants des employés de l’entreprise de télécommunications Ericsson depuis son déménagement, en novembre 2016.

«On a expliqué le programme éducatif aux architectes [Menkès Shooner Dagenais LeTourneux], explique la directrice, Stella De Gaetano. Tout a été bâti pour que ça ressemble à une maison et que ce soit proche de la nature.»

Le résultat est fait de bois clair, de locaux accessibles avec des salles de bains dans chaque classe et de grandes fenêtres. «Les enfants sont plus calmes», admet Mme De Gaetano.

Pour elle, il s’agit d’un milieu idéal pour les 74 petits de 6 mois à 5 ans. Il permet également d’accueillir des enfants à besoins spécifiques, dont quelques-uns atteints du trouble du spectre de l’autisme.

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