Tandis que Montréal s’apprête à célébrer la Saint-Patrick avec sa parade annuelle, le 19 mars, TC Media présente quelques-unes des traces qu’a laissées la communauté irlandaise dans l’arrondissement du Sud-Ouest.

En 1819, les gens d’affaires montréalais sont durement frappés par l’ouverture du canal Érié, à New York. De peur que la marchandise qui passe par les Grands Lacs n’aboutisse entièrement aux États-Unis, ils décident en 1821 de construire le canal de Lachine afin de concurrencer les Américains.

Ce sont en grande majorité des immigrants irlandais fuyant la crise économique de leur pays qui seront en charge de creuser le canal. Ils s’installent dans le fief Nazareth, qui deviendra ensuite le quartier Griffintown.

La Grande Famine d’Irlande, en 1847, pousse des dizaines de milliers de ses habitants à traverser l’Atlantique. Les quartiers de Griffintown et de Pointe-Saint-Charles seront des destinations privilégiées pour la communauté, qui travaille principalement dans industries du coin. Bon nombre d’immigrants irlandais participent également à la construction du pont Victoria.

C’est après cette immigration de masse que les plus de 10 000 Irlandais qui s’étaient installés à Montréal ont commencé à avoir une importante présence dans la ville, alors qu’ils représentaient près du quart de la population. 170 ans plus tard, l’héritage laissé par les Irlandais est encore bien visible dans le Sud-Ouest.

Le roc irlandais

  • Les irlandais qui immigraient au Canada en 1847 sont venus à bord de voiliers insalubres. Par conséquent, plusieurs d’entre eux sont atteints du thyphus, une maladie grave qui a provoqué plus de 6000 décès en mer.
  • Pendant la construction du pont Victoria, les ouvriers irlandais retirent du fleuve un bloc de granite de 30 tonnes qu’ils placent en dessous du pont en mémoire de leurs 6000 compatriotes qui ne sont jamais parvenus à s’installer ici.
  • «C’est le souvenir impérissable des immigrants irlandais et du Village aux Oies», un site de quarantaine pour les immigrants irlandais lors de l’épidémie de typhus, explique le vice-président de la Société Saint-Patrick, Ken Quinn.
  • Tous les ans, au dernier dimanche de mai, des centaines d’Irlandais partent de l’Église Saint-Gabriel, dans Pointe-Saint-Charles, et marchent jusqu’à la roche. «C’est un vrai pèlerinage», commente la vice-présidente de la Société d’histoire de Pointe-Saint-Charles (SHPSC), Natacha Alexandroff.

Les rues d’origine irlandaise à Pointe-Saint-Charles

Hibernia

  • Un nom latin qui signifiait autrefois Irlande.
  • La date à laquelle son nom lui a été donné est inconnue.

Coleraine

  • Anciennement nommée Jobson, elle a été cédée à l’exécuteur testamentaire John Samuel Knox, qui l’a rebaptisée Colerain en 1886.
  • Il est originaire de Westbrook, une ville près de Coleraine, en Irlande.

Butler

  • Cette rue est nommée à l’honneur de Sir William Francis Butler, officier et écrivain irlandais qui a séjourné au Canada de 1866 à 1872.
  • Elle a été inaugurée vingt ans avant sa mort, en 1890.

Saint Columban

  • Nommée en souvenir du moine irlandais du même nom en 1855.

Les autres rues d’origine irlandaise à Pointe-Saint-Charles sont des Irlandais, Dublin et Saint-Patrick.

Source: Société d’histoire de Pointe-Saint-Charles

Griffintown

  • En 1791, marchand protestant d’origine irlandaise nommé Thomas McCord s’est procuré un bail de 90 ans pour le fief Nazareth, qui était opéré par les sœurs de l’Hôtel-Dieu.
  • C’est son emplacement stratégique près du port de Montréal qui l’a attiré. Il a principalement utilisé la terre pour sa ferme.
  • «Mais en 1799, Mary Griffin, une immigrante irlandaise, se serait emparée illégalement du bail pendant que McCord voyageait», expose le vice-président de la Société Saint-Patrick, Ken Quinn.
  • Elle nomme ensuite le quartier Griffintown et choisit les noms de quelques-unes de ses premières rues, soit Duke, Prince, Queen et Griffin, qui est maintenant connue sous le nom de Wellington.

Église Saint-Gabriel

  • Fondée en 1876, cette paroisse située sur la rue Centre desservait la communauté irlando-catholique de Pointe-Saint-Charles.
  • Dans les années qui ont suivies, de plus en plus de cultivateurs Canadiens français se sont établis à la Pointe. Ils obtiennent la permission de se servir de l’Église pour y célébrer des messes en Français.
  • «Mais un moment donné, il y a eu trop de monde et les irlandais ont dit: « écoutez là, il va falloir que vous aillez ailleurs »», raconte la directrice de la SHPSC, Natacha Alexandroff.
  • Les francophones ont donc ouvert la Paroisse Saint-Charles, à deux pas de l’Église Saint-Gabriel, en 1892.
  • «C’est le seul endroit en Amérique du Nord où se trouvent deux églises catholiques côte à côte», dit Natacha Alexandroff.

Parc de Griffintown St. Ann

  • «Il y a longtemps que l’Église St. Ann, le noyau de la communauté irlandaise de Griffintown, a été démolie en 1970. Le parc cimente son héritage», explique le vice-président de la Société Saint-Patrick, Ken Quinn.
  • Située sur la rue McCord, qui se nomme maintenant de la Montagne, à l’intersection de la rue Basin, le lieu de culte ouvre ses portes en 1854.
  • Ses fondations sont encore visibles dans le parc.

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