(TC Media – Archives) L’épicerie solidaire du Club populaire de consommateurs de Pointe-Saint-Charles a ouvert ses portes en 2012 et stockait à l’époque une trentaine de produits. Depuis, elle a diversifié son offre et en compte plus de 300, dont de la viande et des fruits et légumes frais.

L’épicerie solidaire, un des projets du Club populaire des consommateurs de Pointe-Sainte-Charles, pourrait cesser ses opérations d’ici le mois de juillet. C’est une hausse de loyer de 100% en deux ans par le propriétaire de ses locaux, la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui mènerait à l’abandon du programme par l’organisme, à court de fonds.

«Comme nous n’avons pas de revenus, il sera presque impossible pour nous de rester à flot, explique la chargée de projets pour l’épicerie solidaire, Sylvie Rouillard. Le besoin d’une épicerie comme la nôtre est criant dans Pointe-Saint-Charles. La fermeture serait un vrai drame pour nos centaines de clients réguliers»

Mme Rouillard précise que l’épicerie solidaire a vendu pour plus de 32 000$ de nourriture en 2016 en étant ouverte qu’une dizaine d’heures par semaine. Elle a d’ailleurs connu une augmentation d’achalandage de plus de 20% par année depuis son ouverture en 2012 et a diversifié son offre dans les récentes années pour inclure de la viande et des fruits et légumes frais parmi ses 300 produits offerts.

Dernière minute

Le Club populaire, qui occupe des locaux dans l’école Charles-Lemoyne, était déjà en péril depuis que la CSDM a annoncé qu’elle augmenterait son loyer le 1er juillet, comme c’est le cas pour tous les occupants de locaux excédentaires de ses écoles.

Une hausse additionnelle de 25% dont l’organisme a pris connaissance en début avril a rendu la situation encore plus critique. Celle-ci découle d’un changement de manière de calculer l’espace loué par la CSDM, qui inclut désormais les aires communes, dont les toilettes, les escaliers et les couloirs.

Sylvie Rouillard dénonce le fait que cette annonce surprise force le Club populaire à prendre des décisions en urgence et qu’il y a «zéro discussion» à avoir avec la commission scolaire.

«C’est une augmentation absolument faramineuse, commente la commissaire indépendante de la CSDM pour le Sud-Ouest, Violaine Cousineau. Je ne comprends simplement pas qu’on place nos locataires dans une situation comme celle-là.»

Futur incertain pour le Club

L’épicerie solidaire n’est pas le seul service qu’offre le Club populaire des consommateurs de Pointe-Sainte-Charles à la population locale. Il gère également des jardins publics, des cuisines collectives et des marchés de fruits et de légumes, qui pourraient disparaître aussi tôt que juillet 2018 en raison du besoin d’espace pour la CSDM.

Celui-ci serait provoqué par le fait que l’école Charles-Lemoyne est la zone de débordement de l’école de la Petite-Bourgogne, particulièrement achalandée vu la croissance de population importante dans Griffintown, un territoire sans école primaire.

Pour Mme Cousineau, la «solution à long terme» de cet enjeu serait de développer un projet scolaire dans Griffintown. La CSDM n’a présentement aucun plan allant en ce sens.

 

L’épicerie solidaire

40 000$

Le loyer annuel du Club populaire des consommateurs de Pointe-Saint-Charles dès le 1er juillet 2017. Celui-ci s’élevait à 20 000$ à pareille date en 2005.

600

Le nombre de clients qu’a servi l’épicerie solidaire en 2016.

5 000

Le nombre de transactions qui ont eu lieu à l’épicerie solidaire en 2016.

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