La pétition pour le retour de la dalle-parc dans le projet Turcot a recueilli plus de 3000 signatures en quatre semaines, permettant au Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE) d’atteindre son objectif de mobilisation plus d’un mois avant la fin de la campagne.

Quand l’organisme a invité les Montréalais à le soutenir dans sa cause le 21 mars, il n’était pas certain de l’engouement qu’il saurait susciter. L’aménagement vert visant à permettre les déplacements à pied et à vélo entre Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de Grâce, la cour Turcot et le quartier Émard était méconnu du public depuis sa disparition des plans du futur échangeur en 2012.

«C’est quelque chose de très abstrait. Il nous a fallu rendre réel et concret cette poudre aux yeux du gouvernement, en plus de faire comprendre aux gens pourquoi la dalle-parc est importante, même s’il n’y a pas de secteur habité à proximité du site», explique le directeur adjoint du CRE, Félix Gravel.

Depuis, le message de l’organisme et de ses partenaires a résonné avec la population, estime M. Gravel.

«On se fait contacter chaque jour par des intervenants privés, comme des commerçants de la rue Sherbrooke en haut de la côte et des gens dans le développement immobilier. La rentabilité des infrastructures piétonnes et cyclistes est évidente pour eux, mais le gouvernement pense autrement», dit-il.

L’enjeu a même su déborder les frontières de l’arrondissement. Le dossier de la dalle-parc a été abordé lors de la période des questions à l’Assemblée nationale au début du mois et le maire Coderre a également appuyé la cause.

«Un choix politique»

Le ministère des Transports du Québec réitérait la semaine dernière, dans le cadre du Comité bon voisinage du Sud-Ouest, sa non-intention de construire la dalle-parc, mais que les espaces requis demeurent disponibles pour un futur projet semblable.

M. Gravel ne cache pas son inquiétude quant à la réaction de Québec, mais affirme qu’il croit tout de même que la mobilisation pourra faire plier le gouvernement.

«On est convaincus que c’est un choix politique, qu’ils ont simplement utilisé des images de piétons pour mieux vendre le projet. La pression ne fera que s’intensifier. Si le retour qu’on reçoit n’est pas satisfaisant, on posera des actions plus choc s’il le faut. On ne lâchera pas prise», promet-il.

Des dessins

Un autre volet de la campagne de mobilisation du CRE est l’activité Dessinons une dalle-parc!, qui invite les enfants montréalais à imaginer comment l’espace vert de la dalle-parc pourrait être occupé.

«Ce qu’on voit jusqu’à maintenant est que les enfants prennent en compte l’ensemble des usagers en dessinant des vélos, des trottinettes et des personnes âgées. Ils illustrent également le bonheur», fait savoir le directeur adjoint du CRE.

Ces créations seront soumises au gouvernement en même temps que la pétition, à la fin du mois prochain. Une marche qui traversera l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de Grâce, la cour Turcot et le quartier Émard aura également lieu le 21 mai pour promouvoir le retour de la dalle-parc.

 

Qu’est-ce que la dalle-parc?

Lien vert

Il n’existe présentement aucun lien cycliste et piéton entre Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de Grâce, la cour Turcot et le quartier Émard. La dalle-parc avait pour but de résoudre cet enjeu.

Un projet coûteux

La dalle-parc devait originalement coûter environ 40 millions $ à construire, soit 1% du coût total du projet Turcot. Le MTQ indiquait l’année dernière à TC Media que l’idée avait été laissée de côté en raison du coût et du défi technique qu’elle représentait.

Aussi dans Actualités :

blog comments powered by Disqus