(Photo: TC Media - Patrick Sicotte) Après avoir décroché de l'école à l'âge de 15 ans, Sylvain Neuvel n'aurait jamais cru devenir un jour un auteur à succès.

À coup de 500 mots chaque soir, Sylvain Neuvel a écrit non pas un, mais trois livres, qu’il a nommé Les Dossiers Thémis. Un rêve un peu fou que ce résident du Sud-Ouest caressait secrètement depuis quelques années, sans se douter que sa trilogie serait vendue dans 21 pays, en plus de bientôt faire l’objet d’une série télévisée.

«C’est un peu irréel. Au départ, je le faisais par plaisir», mentionne l’auteur, accoudé au comptoir du Café Bloom dans Pointe-Saint-Charles, le quartier qu’il habite depuis maintenant huit ans.

La semaine dernière, le romancier a remis à son agent la version finale de son troisième et dernier tome, Only Human, dont la publication est prévue pour le mois de mai aux États-Unis et pour l’automne 2018 dans les librairies québécoises, sous les éditions Le Livre de Poche.

C’est en 2013 que le projet littéraire a débuté, alors qu’il voulait fabriquer un robot-jouet pour son fils. Toutefois, le bambin de trois ans ne voulait pas qu’une simple babiole, il souhaitait aussi une histoire pour l’accompagner.

«Il a commencé à me poser plein de questions. Quel est son nom? D’où il vient? Qu’est-ce qu’il fait? C’est grâce à lui que j’ai commencé à laisser aller mon imagination», raconte l’homme de 44 ans.

Petit à petit, il a commencé à penser au récit qui pourrait aller avec le jouet en question. C’est en écoutant Goldorak, une série animée japonaise datant des années 1970 et mettant en scène un empire extraterrestre, que l’inspiration lui est venue. «Et si on trouvait des artéfacts laissés par une civilisation qui ne vit pas sur terre, que ferait-on?», s’était-il alors questionné.

À cette ligne directrice, il a mêlé un brin de politique, une pincée d’histoire et plusieurs éléments de sa vie de tous les jours, notamment des lieux qu’il avait déjà visités, lui qui a beaucoup voyagé. Un an plus tard, Le Sommeil des géants était écrit. Trois ans après, il avait trois livres à son actif.

Instinctivement, c’est dans la langue de Shakespeare qu’il les a rédigés, ayant toujours consommé les ouvrages de science-fiction en anglais. Maintenant, les deux premiers tomes sont traduits en 21 langues, du français, en passant par le portugais puis tout récemment le suédois. En japonais aussi, comme la série qui l’a inspirée.

Popularité soudaine
Sylvain Neuvel n’aurait jamais cru à un tel succès à l’époque, après avoir essuyé un refus de la part des 55 éditeurs nord-américains qu’il avait approchés. «Je me suis dit que j’allais le publier à mon compte puisque personne n’en voulait», dit-il.

C’est en envoyant son manuscrit au réputé magazine littéraire américain Kirkus Reviews, afin de se faire connaître du public et égayer l’intérêt de son futur lectorat, que l’auteur a connu une popularité soudaine.

Bien que peu confiant de recevoir une critique à tout rompre, le résultat a largement dépassé ses attentes. «Comme l’artefact extraterrestre géant dans l’histoire, ce roman est tellement plus que la somme de ses parties – un retourneur de pages du plus haut niveau!», conclut la critique parue en septembre 2014, qui s’est avérée positive de A à Z.

Puis, en l’espace de six semaines, tout a changé. Coups de téléphone de producteurs hollywoodiens désirant acheter les droits. Envoi du manuscrit à l’agence qui représente le romancier américain John Grisham. Signature d’un contrat avec la maison d’édition Del Rey à New York pour une série de trois livres. Conclusion d’une autre entente avec Sony pour en faire un film, qui s’est par la suite transformé en série télé.

Finalement, son fils a eu son robot-jouet. Et une longue et belle histoire pour l’accompagner qui a été vendue en plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.

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