(Photo: TC Media - Isabelle Bergeron) Daniel H. Lanteigne a commencé sa réadaptation physique à l'âge de 16 ans.

D’aussi loin qu’il se souvienne, Daniel H. Lanteigne n’a pas vécu une enfance comme les autres. Amputé d’une partie de son pied à l’âge de quatre ans en raison d’un accident de tracteur à gazon, puis de sa jambe due à une bactérie mangeuse de chair, ce résident de Pointe-Saint-Charles a décidé de mettre à profit son expérience personnelle en aidant ses prochains.

Depuis un an, il assure la direction générale de la Fondation RÉA, dont la mission est d’aider les personnes handicapées physiquement à retrouver l’autonomie. C’est d’ailleurs dans cet établissement de l’avenue Darlington, dans Côte-des-Neiges, qu’il a fait sa réadaptation physique.

«Les personnes amputées sont souvent marginalisées en milieu de travail, déplore l’homme de 31 ans. Nous voulons les aider à accepter leur situation, mais surtout faire comprendre à la communauté que la plupart d’entre eux peuvent faire ce que tout le monde fait».

Muni d’une prothèse remplaçant sa jambe droite, M. Lanteigne vit comme toutes les autres personnes de son âge. Il fait de la raquette, du ski et voyage. Mais, ce ne fut pas toujours le cas.

«Me faire amputer d’une partie de mon pied à un si bas âge a certainement teinté mes intérêts» – Daniel H. Lateigne

«Pour moi, activité physique rimait avec visite à l’hôpital Saint-Justine», raconte le natif de Saint-Henri.

Opération
Après la perte de son pied, jouer au parc avec ses amis, aller à la plage, faire du sport, tout pouvait causer une infection. Au fil des ans, il a cumulé les rendez-vous chez le docteur, les maladies et les douleurs chroniques, jusqu’à ce qu’il décide à l’âge de 15 ans de se faire amputer la jambe.

«C’était la bonne chose à faire pour enlever les risques d’infection. J’avais fait mon deuil il y a longtemps, mais ma famille n’a pas accueilli chaudement l’idée. Ils voyaient ça comme un échec après toutes ces années d’efforts», raconte M. Lanteigne, précisant que souvent, les proches ont plus de mal à l’accepter que les principaux intéressés.

Cette opération, qu’il attendait depuis longtemps, a changé sa vie. «J’ai pris la décision que je ne voulais pas que mon existence tourne autour de mon handicap. Je me suis donc pris en main», dit le père d’un petit garçon.

Parcours professionnel
Si M. Lanteigne souhaitait que son handicap n’influence pas ses choix de vie, son amputation a tout de même teinté ses choix de carrière. Ambassadeur de l’Association des Amputés de guerre depuis l’âge de 5 ans, il est toujours resté actif dans le milieu philanthropique.

«Je faisais des présentations dans les écoles. J’expliquais ce qui m’était arrivé et je sensibilisais les autres enfants à la prudence pour éviter que ça se répète», se souvient-il.

(Photo: Isabelle Bergeron)

Ce rôle d’ambassadeur, puis de conseiller, lui a permis de rencontrer des centaines de familles vivant la même situation que lui. «En parler fait une grande différence pour eux, mais aussi pour le reste de la communauté, car ça brise les tabous», soutient M. Lanteigne.

Parallèlement à son bénévolat, il a complété un baccalauréat en administration des affaires, ce qui l’a mené à un poste de chargé de projet aux programmes communautaires à la Banque Nationale. Ses contacts et son expérience l’ont finalement dirigé vers l’emploi qu’il occupe aujourd’hui et qui le passionne profondément.

Son implication de longue date auprès des personnes amputées lui a d’ailleurs valu de nombreuses distinctions honorifiques, notamment un prix du Gouverneur général et un prix d’excellence décerné par l’Association des fondations d’établissements de santé du Québec, qu’il chérit particulièrement.

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