(Photo: TC Media - Isabelle Bergeron) Maintenant que l'implant Y3 est approuvé par les autorités sanitaires canadiennes et américaines, l'invention du chercheur Yvan Petit, pourra être utilisé auprès des patients

Il aura fallu plus de 10 ans de recherches au professeur Yvan Petit de l’École de technologie supérieure (ÉTS) pour que son invention, l’implant Y3, soit homologuée par Santé Canada et la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. La prothèse soulage les maux des personnes vivant avec une fracture du grand trochanter en fixant cette partie supérieure du fémur à la hanche.

Il s’agit d’une première pour l’ÉTS depuis ses débuts, il y a 44 ans. «Voir son invention se faire homologuer est très rare dans le milieu biomédical. C’est le travail d’une vie», dit le chercheur, dont l’objectif premier était de contribuer à aider la santé des gens.

La fracture du grand trochanter se produit chez près de 10% des patients ayant subi un remplacement total de la hanche, ce qui est le cas de plus de 50 000 Canadiens. Cet os de la cuisse est grandement fragilisé à la suite de cette opération, majoritairement réalisée chez des personnes âgées.

«Quand une personne vit des complications à la suite d’une arthroplastie de la hanche, ça représente un risque de mortalité dans l’année qui suit, indique M. Petit. Ça engendre une grande perte d’autonomie et ils ne peuvent plus répondre à leurs besoins».

Meilleure solution
Le chercheur s’est attelé à la tâche lorsque son collègue le Dr Yves Laflamme de l’Hôpital Sacré-Cœur, où est aménagé son laboratoire, lui a fait part que les solutions existantes pour ce type de fracture étaient loin d’être satisfaisantes, avec un taux d’échec d’environ 30%.

«C’était urgent d’inventer autre chose», se souvient M. Petit. C’est donc en 2007 qu’il a débuté activement sa quête de résultat, accompagné du Dr Laflamme et de Yan Bourgeois, alors étudiant à la maîtrise à l’ÉTS.

Photo: Isabelle Bergeron

Doté de deux branches disposées en forme de Y, l’implant permet de fixer la partie supérieure du fémur à la hanche de manière à ce que la personne puisse bouger à sa guise sans risquer de retourner sur la table d’opération en raison de complications.

«Les implants existants fonctionnaient si la personne se contentait de faire des gestes simples, comme marcher, mais ne fonctionnaient pas pour des gestes secondaires comme se lever d’une chaise ou faire des torsions», explique M. Petit.

Commercialisation
Depuis l’homologation de l’implant par Santé Canada et la FDA au printemps dernier, AmorChem, un fonds de capital de risque investissant dans des projets provenant d’universités, détient la licence pour commercialiser l’instrument médical aux États-Unis et au Canada.

«Présentement la stratégie commerciale est toujours en cours, indique le chercheur de 53 ans. Le Dr Laflamme est impatient de pouvoir présenter cette solution à ses patients».

Pour le moment, l’implant Y3 n’a jamais été testé sur des êtres vivants, il a plutôt fait l’objet de tests sur des cadavres de personnes ayant donné leur corps à la science. M. Petit compte entamer des études cliniques dès que son invention sera sur le marché.

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