(Photo: TC Media - Archives) Plus de 5000 ménages ont été infectés par des punaises de lit au cours de l'année 2017. Ce chiffre exclut toutefois ceux n'ayant pas eu recours aux services de la Ville de Montréal.

Désirant améliorer la situation des personnes aux prises avec des punaises de lit, une résidente de Ville-Émard a suggéré aux élus de l’arrondissement du Sud-Ouest de créer un comité qui réunirait des gens ayant vécu le même problème afin de partager des astuces pour se débarrasser de cet insecte.

Lorsqu’Aline a emménagé dans son nouvel appartement de la rue Sainte-Marguerite dans Saint-Henri, elle ne se doutait pas que ce qu’elle considère comme «la pire expérience de sa vie» l’attendait: des punaises de lit. Déplorant le manque de services offerts aux gens aux prises avec ce problème, elle souhaite que la situation change et que personne n’ait à vivre l’enfer qu’elle a vécu ces derniers mois.

«C’était début juillet. J’étais assise sur mon sofa et tout d’un coup ça a commencé à me piquer. Puis, ça a commencé à brûler aussi. Je me grattais et ça enflait», se rappelle-t-elle.

Ses pieds ont tellement gonflé à force de démanger qu’elle n’était plus capable de se chausser. Comme son lit a vite été contaminé, elle a été contrainte de dormir sur une chaise pliante dans sa cuisine, la lumière ouverte, sachant que l’éclairage avait un effet répulsif.

Un exterminateur a traité l’appartement en juillet sans même demander à Aline de quitter les lieux. Le problème n’a pas été réglé. Un deuxième traitement a été nécessaire le mois suivant, sans plus de succès.

«Cinq appartements étaient contaminés, donc il a seulement désinfecté ceux-là. Le propriétaire ne voulait pas désinfecter tout l’immeuble. Mais, il aurait dû parce qu’à la fin septembre, les punaises étaient revenues», rapporte Aline.

Elle s’est finalement résignée à quitter son logement à l’automne pour emménager à Ville-Émard.

Campagne d’information
L’idée de créer un comité est un pas dans la bonne direction selon Harold Leavey, expert en gestion parasitaire. Il croit que le premier geste à poser pour améliorer la situation serait de lancer une campagne d’informations grand public.

«Il n’y a pas de solution au problème des punaises de lit. On peut seulement mieux le contrôler. Les gens doivent comprendre l’importance d’agir rapidement et de faire affaire avec un gestionnaire de parasite qualifié», mentionne-t-il.

Pour l’expert, qui forme également des inspecteurs à la Ville de Montréal, les services offerts par la ville-centre sont bons, mais insuffisants pour un problème d’une telle ampleur.

Réglementation
Un règlement sur la salubrité encadre la problématique des punaises de lit. Dans le cas d’immeuble à logements, les propriétaires doivent traiter avec un exterminateur de leur choix, à leurs frais.

«La Ville ne se prononce pas quant au niveau de qualification des gestionnaires de parasites. Seule l’utilisation des produits d’extermination est normée dans l’industrie», relate Jules Chamberland-Lajoie, relationniste à la Ville de Montréal.

Mais les propriétaires ne font pas toujours affaire avec des spécialistes. «Ils cherchent souvent à trouver le meilleur prix. Ce n’est pas normal que certains exterminateurs demandent 600$ et d’autres 75$», souligne Harold Leavey.

Si les produits ou le traitement sont inadéquats, les punaises se multiplient. «Plus on leur fait la vie dure, plus elles vivent longtemps, ajoute l’expert. Elles vont se réfugier dans les murs et ça devient rapidement un enfer».

Selon lui, la Ville devrait se doter d’inspecteurs spécialisés en santé publique, plutôt que d’inspecteurs multitâches, afin d’assurer un meilleur contrôle du problème.

Le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais, avait déclaré lors du passage d’Aline en conseil qu’il était ouvert à la rencontrer pour discuter d’un projet pilote de comité. Toutefois aucune rencontre n’a encore eu lieu.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!