(Photo: TC Media - Isabelle Bergeron) Née sur la rue Rushbrooke dans Pointe-Saint-Charles et y ayant résidé toute sa vie, Micheline Cromp connaît son quartier et de nombreuses femmes qui y habitent comme le fond de sa poche.

C’est avec le sentiment du devoir accompli que Micheline Cromp quittera cette année son poste de coordonnatrice au sein de Madame prend congé dans Pointe-Saint-Charles après trente ans à se battre pour l’égalité des sexes. Si la féministe en elle sait qu’il y a encore beaucoup à accomplir, le fait d’avoir contribué à briser l’isolement de femmes de tous les horizons et de leur avoir fait prendre conscience de leur valeur par le biais de son organisme la comble de gratitude.

Cette native de Pointe-Saint-Charles n’aurait jamais cru avoir le feu sacré pour cette cause avant qu’elle ne mette les pieds chez Madame prend congé. «En travaillant ici, j’ai compris toutes les injustices qui existaient envers les femmes. C’est là que j’ai réalisé que j’étais féministe», explique la mère de quatre garçons.

Aujourd’hui, la dame de 64 ans n’a pas peur de se déclarer comme telle, arborant fièrement une broche sur laquelle est inscrit «Féministe tant qu’il le faudra», et ce, peu importe les jugements négatifs portés par certains à son égard.

«Être féministe ça ne commande pas que je brûle mes brassières. On l’est du moment où on se tient debout pour nos convictions personnelles», dit-elle.

Pendant les trois dernières décennies, Mme Cromp n’a jamais lésiné sur les moyens pour améliorer la situation des femmes de son quartier, n’ayant pas peur d’accumuler les heures au travail ou de descendre dans les rues, pancartes en main, pour défendre sa cause.

«Mon travail me rapporte tellement, dit-elle. Ma paye c’est d’entendre une femme qui était victime de violence conjugale me dire qu’elle est retournée à l’école ou en entendre une autre me remercier de l’avoir écouté et encouragé, car maintenant elle se respecte pour ce qu’elle est.»

8 mars
Si elle considère qu’il est maintenant temps de passer le flambeau, n’ayant plus l’énergie de donner son 100%, Micheline Cromp poursuivra tout de même la lutte. «Je vais me battre toute ma vie. Nous devons être reconnues avec nos différences, mais traitées de façon égalitaire», exprime-t-elle.

À cet effet, la féministe aguerrie persiste à croire que la Journée internationale des femmes du 8 mars est nécessaire pour améliorer les choses, même si elle croit que le combat devrait se faire à l’année.

Pour elle, cette date devrait être l’occasion de s’unir pour prendre des actions, notamment faire changer les lois en matière de violence faite aux femmes, une injustice qu’elle rencontre souvent dans son milieu de travail. «Les femmes ont peur de dénoncer puisqu’elles ne gagnent que très rarement», déplore-t-elle.

Mme Cromp rêve du moment où ses deux petites-filles vivront la journée du 8 mars en célébrant l’égalité absolue entre les sexes plutôt qu’en renouvelant les efforts pour l’atteindre. Elle ne croit toutefois malheureusement pas que ce sera de sitôt, précisant que tant les hommes que les femmes ont du travail à faire pour atteindre cet idéal.

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