(Photo: Métro Média - Isabelle Bergeron) André Poulin supervise les bénévoles Catherine Simard et Oriane Laromiguière en pleine confection de boîtes à ventilation.

Jusqu’à la fin juin, au chantier de la rue Bourassa dans Saint-Henri, des femmes s’affaireront à la tâche de construire un duplex qui pourra bénéficier à deux familles à faibles revenus de Montréal. Le programme Les Bâtisseuses, mené par Habitat pour l’humanité Québec (HHQ) a été officiellement lancé le 4 juin, pour une cinquième année consécutive. Pour l’occasion, La Voix pop s’est jointe à l’équipe de bénévoles le temps d’une journée.

«Manipuler les gros outils, c’est ce que j’aime le plus, lance la bénévole Catherine Simard entre deux coups de scie ronde. Ce n’est pas quelque chose que je fais souvent et ça donne un petit boost d’adrénaline.»

C’est la troisième année que Mme Simard participe à ce programme. Chaque fois, elle apprend de nouvelles techniques et se familiarise avec de nouveaux outils.
«Je n’avais jamais eu l’occasion de toucher à une scie à onglet auparavant», dit-elle, en pleine confection de boîtes à ventilation qui iront sur le toit de l’immeuble.

Déjà, celle qui travaille dans le domaine des communications se sent beaucoup plus à l’aise dans les tâches manuelles. Elle utilise même les notions qu’elle a apprises pour rénover son chalet dans le nord, qui a besoin de «beaucoup d’amour».

La construction au féminin
Six femmes bénévoles provenant de divers milieux professionnels procéderont quotidiennement aux travaux de finition, encadrées par le superviseur du chantier, André Poulin.

«Elles peuvent tout faire seules, que ce soit installer des portes, des fenêtres, poser le gypse, le carrelage, monter les terrasses ou faire la peinture. Je ne fais que leur montrer la manière sécuritaire de le faire», souligne-t-il.

Depuis son arrivée chez HHQ il y a près de trois mois, il encadre les bénévoles des nombreux chantiers de l’organisme à but non lucratif (OBNL), dont 60% sont des femmes.

«Honnêtement, il n’y a aucune différence entre le fait de travailler avec des femmes et des hommes. Ils sont à l’écoute, ils sont prudents et veulent apprendre, dit-il. Pour être en construction, il faut seulement une tête et deux bras.»

Au cours de ses vingt ans d’expérience en chantier, M. Poulin a toutefois noté une présence plus importante de femmes sur le marché de construction, même s’il reste encore beaucoup de chemin à faire selon lui.

«C’est un monde de machos. C’est encore très difficile de faire sa place en tant que femme sur un chantier. Ce sont les hommes en construction qui doivent changer leur mentalité et des programmes comme celui-ci permettent de le faire», renchérit le superviseur.

Mission
Dès le 25 juillet, deux familles de trois enfants habiteront les logements en construction. Originaire du Maroc, l’une d’entre elles a déménagé au Canada pour explorer la possibilité d’avoir une vie meilleure. Leur logement étant beaucoup trop étroit pour cinq personnes, ils ont déposé leur candidature au programme Les Bâtisseuses.

Mêmes raisons du côté de la seconde famille bénéficiaire, établie à Montréal depuis trois ans et qui peine à pouvoir se loger dans une résidence convenable.
«Les familles sélectionnées doivent avoir un revenu oscillant entre 30 000$ et 70 000$, dépendamment de la taille de la famille. Celles ayant un besoin impérieux de logement sont privilégiées», indique la directrice générale de HHQ, Madeleine Martin.

Elle précise d’ailleurs que la maison n’est pas gratuite, mais qu’aucune mise de fonds n’est nécessaire et que l’hypothèque est sans intérêt.

En échange, les familles doivent donner 500 heures de leur temps, que ce soit au chantier ou à la boutique de l’OBNL, Restore. Elles ont d’ailleurs déjà commencé à travailler sur leur future demeure et une centaine de femmes se joindront à elles.

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