(Photo: Métro Média - Isabelle Bergeron) Dorothy Perks Evans se remémore ses années comme ambulancière à la Seconde Guerre mondiale.

Ambulancière pendant la Seconde Guerre mondiale, Dorothy Perks Evans est l’une des dernières vétéranes à pouvoir témoigner de son expérience. Alors qu’elle compte aujourd’hui 100 printemps, cette résidente de Pointe-Saint-Charles raconte avec vivacité son histoire qui a commencé à Wolverhampton, en Angleterre.

Née dans une famille de trois enfants, sa vie a basculé à un très jeune âge, alors que son père a perdu la vie au front lors de la Première Grande Guerre. Plus tard, son frère, un soldat durant la Deuxième Guerre mondiale, a été emporté par la maladie à son retour d’Inde à l’âge de 23 ans.

Ces épreuves ont rendu Mme Evans plus forte et l’ont même emmenée à s’impliquer au sein des services ambulanciers jusqu’à la fin du conflit armé, en 1945. Elle se souvient vaguement avoir aidé les militaires blessés lors des bombardements qui frappaient l’Angleterre à l’époque.

«J’essaie de chasser ces souvenirs de ma mémoire, dit-elle. Ce ne sont pas des belles choses à se rappeler.»

Elle préfère plutôt les moments joyeux qu’elle a vécus après la guerre, lorsqu’elle était membre du Labour Club en Angleterre et de la Légion canadienne royale une fois arrivée au Québec en 1957.

Photo: Isabelle Bergeron

Son implication auprès des ex-militaires lui a d’ailleurs valu la reconnaissance de la Reine. La médaille qu’elle a reçue des mains de l’ancienne gouverneure générale, Michaëlle Jean, trône encore dans sa chambre au centre d’hébergement Louis-Riel.

«Je jouais de l’accordéon avec mon groupe Silver Star Accordeon Bar, se remémore-t-elle. Je divertissais les vétérans de la guerre.»

Sa passion pour la musique et le chant l’a d’ailleurs suivi jusqu’à Pointe-Saint-Charles, le quartier qu’elle habite depuis 42 ans. En plus de poursuivre ses prestations d’accordéoniste, Mme Evans faisait partie du chœur de l’église Saint-Gabriel jusqu’à l’âge de 95 ans. Encore aujourd’hui, elle se plaît à fredonner des mélodies aux autres résidents de la maison.

Famille
À défaut d’avoir eu des enfants, Mme Evans a toujours considéré la fille de sa sœur comme la sienne. Patricia Macklin l’a d’ailleurs suivi au Canada et continue d’aller la visiter pratiquement tous les jours.

«Elle était là quand je suis née et elle est toujours restée. Elle m’a beaucoup aidé lors des périodes difficiles. Quand j’étais petite, je dormais à sa maison presque tous les week-ends et je l’accompagnais au kiosque qu’elle tenait au marché», se souvient Mme Macklin, assise aux côtés de sa tante.

«Elle était toujours avec moi, je ne me pouvais pas m’en débarrasser», rigole Mme Evans.

«J’aime aider les gens, c’est mon plaisir dans la vie» – Dorothy Perks Evans, ambulancière pendant la Seconde Guerre mondiale

Reste que c’est principalement pour sa force de caractère que Mme Macklin éprouve une admiration sans borne pour elle. «Personne ne pouvait lui piler sur les pieds, elle s’est toujours battue pour ses convictions. Encore aujourd’hui, les infirmières du centre Louis-Riel pourraient en témoigner», blague-t-elle.

Mme Evans s’est d’ailleurs battue pour qu’un terrain de balle et des espaces de jeux pour les enfants soient installés dans le parc Le Ber, situé derrière les Habitations Favard, où elle a habité pendant 40 ans.

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