(Photo: Métro Média - Justine Gravel) La murale «Philopœmen blessé» s'étale sur près de 105 m2.

Huit jeunes en insertion sociale se sont joints aux artistes Ruben Carrasco et Damien Gillot dans la création de la murale Philopœmen blessé sur le chemin de la Côte-Saint-Paul dans Saint-Henri. Âgés entre 16 et 29 ans, ils ont appris les rudiments du métier de muraliste professionnel afin de créer leur propre œuvre urbaine au cours de l’été.

Le duo membre du collectif IPAF, établi sur la rue Saint-Ambroise, se concentre habituellement sur des projets à l’extérieur du pays, mais souhaitait laisser sa marque dans son quartier d’adoption. «C’était important pour nous de favoriser les gens d’ici et de redynamiser Saint-Henri», lance M. Gillot.

Le fait de pouvoir partager leur processus de création avec les jeunes du programme Départ@9 du Carrefour jeunesse-emploi du Sud-Ouest (CJESO) ne faisait qu’ajouter à leur enthousiasme pour le projet réalisé en collaboration avec Pro-Vert Sud-Ouest. Au cours de l’après-midi du 10 juillet, ils ont pu leur apprendre diverses techniques tout en partageant leur passion pour l’art urbain.

«J’avais déjà réalisé un projet artistique avec des jeunes orphelins en Afrique du Sud, mais c’est la première fois que je le fais avec des jeunes d’ici. On veut leur montrer que c’est possible de réaliser de belles choses si on a un support», ajoute l’artiste.

Représentant le dieu grec devenu stratège de la ligue archéenne, l’imposante murale qui s’étale sur trois étages se veut un clin d’œil aux résidents de longue date de Saint-Henri. «Au combat, Philopœmen reçoit un javelot en pleine cuisse, mais se relève et y retourne. C’est un peu ce qui se passe avec la gentrification, qui repousse ceux qui ont fait l’âme du quartier. Il leur faut beaucoup de force et de courage pour continuer à se battre», explique Damien Gillot.

Départ@9
En branle depuis 2016, le programme Départ@9, qui aide les jeunes bénéficiaires de l’aide sociale à se trouver un emploi, a accès pour une première fois aux services d’artistes muralistes.

«Chaque année, nous créons une nouvelle murale proche du CJESO. Une animatrice de Pro-Vert Sud-Ouest tient quatre ateliers avec les jeunes, explique la coordonnatrice chez Pro-Vert Sud-Ouest, Andréanne Dionne-Boulard. Cet été, le premier atelier s’est fait avec des professionnels et nous aimerions poursuivre en ce sens.»

À la fin juillet, les jeunes feront une remise à neuf de la murale de la rue Saint-Jacques réalisée en 2016. Représentant des silhouettes, elle a été fortement endommagée par un dégât d’eau. Ce sera l’occasion d’utiliser les trucs donnés par leurs mentors.

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