Photo: La Voix Pop – Isabelle Bergeron Sylvain Parent a travaillé huit ans comme sergent au PDQ 15 avant d'en devenir le commandant.

Après 30 ans de carrière au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le commandant du poste de quartier (PDQ) 15, Sylvain Parent, partira à la retraite à l’hiver 2019. Ce natif de Ville-Émard avoue être choyé de pouvoir terminer son parcours dans le quartier qui l’a vu grandir. Alors qu’il laisse maintenant place à la relève, revenons sur les événements qui ont marqué sa carrière.

Dès le secondaire à l’école Honoré-Mercier, le jeune Sylvain savait ce qu’il souhaitait faire dans la vie. «J’ignore ce qui a déclenché ça, ça venait de l’intérieur», se rappelle-t-il. À 25 ans, il faisait ses premiers pas dans le monde policier comme patrouilleur au centre-ville.

«Tout a évolué depuis mes débuts, lance le commandant. Pas seulement moi en tant que policier, mais l’équipement, les interventions et le service aussi. Maintenant, on peut bénéficier des services d’agents de concertation communautaire par exemple. On a les moyens d’être plus proche des gens.»

Cette proximité avec les résidents du quartier est d’ailleurs ce qui l’a toujours poussé à continuer. «Comme j’ai un attachement émotif pour ce quartier, j’ai encore plus envie de redonner à la communauté, dit-il. Essentiellement, je m’occupe de la gestion du poste et tout ce que ça implique, que ce soit la relation avec les élus, les partenaires ou les citoyens. Je m’assure qu’ils se sentent en sécurité et qu’ils puissent jouir de leur environnement.»

Même s’il occupe des fonctions davantage administratives depuis sa promotion au poste de commandant il y a huit ans, M. Parent retourne régulièrement sur le terrain, accompagné du lieutenant Sylvain Malo. Sillonner les rues de l’arrondissement lui rappelle les huit ans qu’il a passés comme sergent au PDQ 15.

Photo: Isabelle Bergeron

Danger
Ayant travaillé au centre-ville, à Dollard-des-Ormeaux, à Villeray et dans le Sud-Ouest, le commandant Parent a vécu son lot d’expériences durant les 30 dernières années.

«Il y a eu de nombreux événements dangereux, mais en tant que policier, on carbure à ça. J’ai confronté des gens armés d’un couteau, contrôlé des bagarres, fait des poursuites policières et vu des personnes assassinées. Une personne ‘’normale’’ n’a pas idée de tout ce qu’un policier voit au cours de sa carrière», explique l’homme de 55 ans.

Le PDQ 15 est d’ailleurs l’un des postes les plus occupés de Montréal, en termes d’appels. «Ça représente un défi supplémentaire, parce qu’on est sans cesse dans le feu de l’action. C’est un grand terrain de jeu, on voit de tout, que ce soit des vols qualifiés, de voitures ou la possession de stupéfiants», souligne le commandant.

La violence conjugale et les voies de fait sont toutefois les infractions les plus souvent rencontrées, étant un quartier résidentiel. Bien que les situations tragiques soient devenues presque une routine, les drames familiaux sont ce qui touche le plus le commandant.

«Quand ça implique des enfants, c’est toujours troublant», dit le père de deux jeunes hommes dans la vingtaine.

M. Parent précise qu’il est difficile de déterminer si le taux de criminalité est plus élevé dans le Sud-Ouest qu’ailleurs, car tout est relatif et chaque territoire détient ses propres spécificités.

Fierté
Les moments heureux, comme voir de jeunes policiers patrouiller avec leur père, ont ponctué son parcours.

«C’est des événements qui sont beaux à voir. Il y a d’un côté l’expérience et de l’autre la fougue, rigole M. Parent en se remémorant ses propres débuts comme policier. Quand on est jeune, on veut tout régler rapidement. Plus on a d’expérience, plus on prend le temps de s’assurer que personne ne soit en danger.»

Ses enfants n’ont quant à eux jamais eu l’intention de suivre ses traces. «Peut-être parce que je n’ai jamais amené le travail à la maison. J’ai toujours su garder l’équilibre entre le travail et ma vie personnelle», croit-il.

C’est d’ailleurs ce qui le rend le plus fier de toute sa carrière.

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