Photo: La Voix Pop – Justine Gravel Le théâtre Cartier est laissé à l'abandon depuis 18 ans.

Alors que certains souhaitent voir l’ancien théâtre Cartier se transformer en cinéma, en salle de spectacles burlesques ou en laser tag, d’autres l’imaginent plutôt comme l’endroit idéal pour établir un projet communautaire créé par et pour les citoyens. Les idées ne manquent pas pour trouver une nouvelle vocation à cet immeuble patrimonial de Saint-Henri, qui cherche encore preneur depuis bientôt 4 ans.

Construit en 1929, mais laissé à l’abandon au tournant des années 2000, le bâtiment nécessite d’importants travaux, spécialement à l’intérieur. «C’est un projet important, ce n’est pas seulement cosmétique, avance le représentant de la compagnie propriétaire de l’immeuble, Edouard Elkaim. Nous devons refaire la plomberie, l’électricité, la peinture, le système de chauffage.»

Ce dernier a obtenu le permis de rénovation de la part de l’arrondissement, mais n’a pas encore fixé la date des travaux, mais ils devront être commencés avant le 30 septembre 2019. En attendant, il se concentre sur la vente de l’immeuble, qu’il considère comme son projet prioritaire de la dernière année.

«Ce n’est pas parce que c’est un bâtiment difficile à vendre, nous avons eu plusieurs propositions. C’est une question de négociations, d’intérêt, de licence d’exploitation. Nous voudrions que ce soit un projet qui bénéficie à la communauté, mais qui soit également profitable afin que l’acheteur soit en mesure de payer», avoue-t-il.

Projets
L’entreprise du secteur de la construction, Les Ensembliers, avait proposé un projet ambitieux pour l’immeuble de la rue Notre-Dame Ouest. L’idée était de le restaurer afin d’en faire une salle de démonstration pour SDA Décoration, une entreprise française spécialisée dans la fabrication et vente de produits de construction de qualité. Le projet a toutefois avorté.

M. Elkaim n’a pour le moment aucune idée de ce qui pourrait prendre place dans le bâtiment de 650 m2, mais la communauté a quelques idées à suggérer. «Est-ce qu’un millionnaire excentrique peut transformer le théâtre en salle de cinéma?», suggère une internaute sur la page Facebook du groupe St-Henri. D’autres imaginent l’endroit comme une salle de spectacles d’humour ou de musique ou encore un cinéma dédié aux films muets.

Certains souhaitent plutôt que le bâtiment soit la propriété des citoyens et non d’une entreprise privée, au même titre que le Bâtiment 7 dans Pointe-Saint-Charles, qui a été transformé en espace communautaire offrant les services de base à moindre coût.

Actuellement, le zonage permet un immeuble commercial, industriel léger ou d’habitation. L’arrondissement pourrait toutefois procéder à un changement de zonage, mais personne n’en a fait la demande à ce jour.

Historique
À ses débuts, le théâtre populaire, le vaudeville et le burlesque étaient présentés dans la salle de spectacles, alors dirigée par la comédienne et humoriste Rose Ouellette, alias «La Poune». Puis, on l’exploita comme salle de cinéma. Le théâtre Cartier est d’ailleurs évoqué dans une scène du roman Bonheur D’Occasion de Gabrielle Roy. Le personnage principal, Florentine, y avait été invité par son prétendant Jean.

Vers 1955, on cessa d’y présenter des films et tout comme le Corona, le théâtre Cartier fût utilisé pour entreposer des fournitures de plomberie. Ce n’est que cinq ans plus tard que l’homme d’affaires Alberto Teodori et ses deux frères l’ont remis en état pour en faire une salle de danse pour adolescents, qui laissera plus tard place à une boîte de nuit, un casino et une discothèque.

Avant d’être laissé à l’abandon en 2000, le théâtre fût loué par le cégep Dawson comme atelier et théâtre pour les étudiants du département des arts de la scène.

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