Derrière l’immense parc urbain qui s’étale à l’entrée de la Ville, entre les rues Wellington et Saint-Jacques, se trouve un riche passé. Ces 24 000 m2 d’espace vert, qui ont remplacé l’ancienne autoroute Bonaventure construite sur pilotis en 1966 pour créer un lien entre le pont Champlain et le centre-ville, cachent les vestiges d’un quartier disparu de Montréal: Victoriatown.

Le quadrilatère délimité par les rues Mill, Bridge, Riverside et le chemin de fer portait le nom du pont Victoria, situé à proximité. Il a aussi été appelé Goose Village, en référence à la chasse aux oies que pratiquaient autrefois les Amérindiens sur ce territoire.

Victoriatown

Si à l’époque de la Grande Famine qui a frappé l’Irlande, entre 1845 et 1852, le secteur était utilisé comme site de quarantaine pour les immigrants irlandais touchés par l’épidémie de typhus, l’arrivée des ouvriers travaillant à la construction du pont Victoria la décennie suivante à mener à son développement.

Les baraques de bois ont progressivement cédé leur place à des maisons ouvrières, où quelque 1500 personnes résidaient. Parmi eux, près de la moitié étaient de nouveaux arrivants italiens, alors que les autres étaient d’origine britannique, irlandaise et canadienne-française.

Les 300 familles de Victoriatown ont toutefois dû se résigner à quitter leurs maisons une soixantaine d’années plus tard, après qu’une loi confirmant l’expropriation du secteur fût adoptée par l’administration municipale en vue de l’Expo 67.

Victoriatown s’est transformé en quartier ouvrier vers la fin du 19e siècle.

Transformation
C’est en 1964 que les habitations abandonnées sont tombées sous le pic des démolisseurs afin de faire place à l’autoroute Bonaventure. L’un des principaux accès au site de l’Expo 67 a été démoli il y a maintenant deux ans au profit du parc urbain que l’on connaît aujourd’hui.

Une page d’histoire s’est tournée en 2016, lorsque la Ville de Montréal a entamé la démolition de l’autoroute Bonaventure.

Deux imposantes œuvres occupent l’espace inauguré en septembre. La pièce de l’Espagnol Jaume Plensa Source est installée au sud de la rue Wellington, entre les rues Duke et Nazareth. D’une hauteur de 10m, elle est arrivée directement de Barcelone par bateau et représente un personnage en position assise, formé par l’entrelacement de lettres.

Quant à Dendrites, aménagée à l’extrémité nord du legs Bonaventure, elle a été conçue par le Montréalais Michel de Broin. Constituée de deux escaliers de couleur ocre, il est possible d’y monter pour admirer la vue sur le centre-ville.

Plusieurs résidents se plaisent à grimper les escaliers de l’œuvre «Dendrites».

Des exerciseurs, des aires de jeux pour enfants et des espaces de détente viennent compléter la place publique reliant les quartiers Griffintown et Cité du Multimédia.

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