(Photo: Voix Pop - Archives) Les revendications pour un projet communautaire à la Malting et des logements sociaux ne datent pas d'hier. En 2016, des manifestants ont campé devant l'usine afin d'obtenir de l'aide pour obtenir du financement.

L’élection d’un gouvernement caquiste majoritaire change la donne pour les groupes de pression ayant des enjeux à défendre sur le territoire du Sud-Ouest, notamment «Pour une équipe primaire dans Griffintown» et Solidarité Saint-Henri. Voyant la Coalition avenir Québec (CAQ) comme un parti favorable à la privatisation des services et réticent à l’idée d’investir dans les programmes sociaux, ils sont inquiets pour le sort de leur projet respectif.

La perte du titre de ministre de l’Économie de la députée réélue, Dominique Anglade du Parti libéral du Québec, n’attise en rien leurs craintes, particulièrement en ce qui concerne la Canada Malting.

Celle qui assume le rôle de députée de la circonscription depuis 2015 s’était montrée favorable à financer une partie des plans visant à reconvertir l’ancienne malterie de Saint-Henri en projet communautaire qui inclurait notamment une épicerie à faible coût et des logements sociaux.

«Nous avions eu plusieurs rencontres avec des fonctionnaires du ministère à ce sujet. Mais, maintenant que Mme Anglade n’occupera plus les mêmes fonctions, c’est comme s’il fallait tout recommencer avec le prochain ministre», déplore la coordonnatrice chez Solidarité Saint-Henri, Shannon Franssen.

La candidate de la CAQ, Sylvie Hamel, qui a recueilli 18,65% des suffrages au scrutin du 1er octobre, contre 38,06% pour Mme Anglade, avait appuyé l’idée lors de la campagne. «Reste à voir si le gouvernement va suivre la même orientation», se questionne Mme Franssen.

Chose certaine, les défenseurs de la Malting comptent interpeller le gouvernement le plus rapidement possible et faire équipe avec la députée afin qu’elle défende leurs intérêts à l’Assemblée nationale en tant que membre de l’opposition officielle.

Logements sociaux
Solidarité Saint-Henri souhaite également que le nouveau gouvernement injecte des sommes importantes pour la construction de logements sociaux, un besoin criant dans tout le Sud-Ouest selon l’organisme.

«C’est particulièrement inquiétant de voir la CAQ au pouvoir en ce qui concerne cet enjeu, indique Mme Franssen. Lors de la campagne, ils avaient mentionné ne pas vouloir construire de nouveaux logements.»

Il s’agit de la réponse reçue par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) lors d’une mobilisation sous la forme d’une marche entre Ottawa et Québec, qui visait à exiger la construction de 50 000 logements sociaux au Québec, dont 4000 dans le Sud-Ouest.

«Il va falloir faire de l’éducation populaire auprès du nouveau gouvernement pour qu’il comprenne que c’est nécessaire et qu’il s’agit d’un investissement», croit Mme Franssen.

Éducation
Si les membres du groupe citoyen «Pour une école primaire dans Griffintown» ne voient pas nécessairement d’un mauvais œil l’élection d’un gouvernement caquiste, puisque les libéraux n’ont jamais donné suite à leur projet, ils se demandent si le programme du parti concorde avec leur demande.

«François Legault met beaucoup d’emphase sur la maternelle quatre ans et c’est une promesse qui entre en compétition avec notre besoin. La CAQ veut injecter 240 M$ supplémentaires dans le plan québécois des infrastructures, ce qui est une bonne chose, mais est-ce qu’une grande partie de cet argent ira dans les maternelles quatre ans?», se questionne Étienne Le Nigen, représentant du groupe citoyen.

Le groupe continuera à faire pression auprès du prochain ministre de l’Éducation, en espérant que son projet de dix classes soit autorisé dès l’an prochain. Selon M. Le Nigen, il s’agit d’un service de base qui aurait dû être prévu depuis longtemps dans ce quartier en pleine effervescence qui voit son nombre d’enfants augmenter chaque année.

Pour l’instant, la CAQ n’a pas voulu se positionner sur ses enjeux.

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