(Photo: Voix Pop - Justine Gravel) Une quarantaine de familles habitant les rues Saint-Augustin, Saint-Antoine, Saint-Philippe et du Collège pourraient devoir quitter leur logement.

Devant les menaces d’évictions qui frappent une quarantaine de familles de Saint-Henri, l’arrondissement et le Projet d’organisation populaire, d’information et de regroupement  – Comité logement (POPIR) travaillent activement à trouver des solutions. Une rencontre est notamment prévue avec les propriétaires des immeubles en cause, le groupe Devcon et Hillpark Résidentiel, qui font pression auprès des locataires pour qu’ils quittent afin de rénover les lieux. Une aide financière pourrait également être apportée aux locataires.

«Nous avons offert de soutenir financièrement le POPIR – Comité logement pour accompagner les locataires dans leurs démarches», a annoncé le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais, à la suite d’une rencontre qui rassemblait les élus, la députée libérale Dominique Anglade, les locataires et les membres du POPIR, le 20 novembre, et qui avait pour mission première d’informer les locataires de leurs droits.

Si elle a d’emblée refusé l’offre monétaire, Patricia Viannay, organisatrice communautaire au POPIR, croit maintenant que la somme, qui oscillerait entre 3000$ et 4000$, pourrait être utile aux locataires de la rue Bourget qui ont déjà reçu des avis d’éviction de la part du groupe Devcon.

«Leur dossier est déposé à la Régie du logement, donc ça pourrait leur permettre d’avoir recours aux services d’un avocat afin de se défendre», indique-t-elle, précisant que dans ce genre de situation, le fardeau de la preuve est lourd pour les locataires.

Rencontre
Pour venir en aide aux résidents des immeubles appartenant à Hillpark Résidentiel, le maire Dorais et la députée Anglade comptent signifier aux associés Jeremy Kornbluth et Brandon Schiller leur opposition aux méthodes, jugées intimidantes, qu’ils utilisent auprès des locataires et leur rappeler les règlements en vigueur.

L’administration du Sud-Ouest a par ailleurs manifesté son intérêt d’examiner son règlement régissant les permis de rénovation afin que ce genre de tactiques de spéculation immobilière cesse.

«Le défi est ne pas le rendre discriminatoire selon le client qui fait la demande. L’arrondissement ne peut refuser à un propriétaire le droit de faire des rénovations. Nous ne pouvons que nous assurer que le bâtiment, une fois rénové, sera conforme à nos règlements», explique la directrice du cabinet, Marie Otis.

Crainte
«C’est un pas dans la bonne direction, souligne Mme Viannay. Mais, c’est certain que les locataires restent déçus de ne pas avoir la garantie qu’ils pourront rester dans leur logement.»

Considérant que leurs moyens financiers ne leur laisseraient pas le choix de quitter Saint-Henri, un quartier où ils sont établis depuis plusieurs années et où se trouve leur réseau social, les principaux concernés vivent dans une constante crainte.

L’idée que Montréal acquiert les immeubles pour en faire des logements sociaux, comme l’a suggéré le POPIR, doit cependant être écartée, la Ville ne pouvant intervenir que lorsqu’il s’agit de grands ensembles immobiliers. «Nous comprenons le désarroi des locataires, mais acheter ne peut pas être la réponse dans toutes les circonstances. La Ville n’a pas ces ressources», indique Mme Otis.

L’administration Plante-Dorais a toutefois prévu 50 M$ sur 10 ans pour l’acquisition de terrains ou d’immeubles en vue d’y réaliser des logements sociaux, communautaires ou abordables.

Ni le Groupe Devcon, ni Hillpark Résidentiel n’ont répondu aux demandes de La Voix Pop.

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