Les élus de l’arrondissement du Sud-Ouest ont adopté un plan global de lutte contre l’agrile du frêne accompagné d’un budget de 1 436 000$ pour les quatre prochaines années.

Ce plan d’action, le premier du genre adopté à Montréal, concerne les arbres sur le domaine public.

Originaire d’Asie du Sud-Est, l’agrile du frêne a été découvert en 2002 en Amérique du Nord. C’est en juillet 2011 que l’insecte est apparu à Montréal.

Dans l’arrondissement, «on n’en a pas encore détecté», indique le maire Benoit Dorais. Mais on prend la situation très au sérieux alors que l’agrile est présent dans les arrondissements voisins de LaSalle, Verdun et Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. «On surveille ça de près. Le plus vite nous allons en détecter, le plus vite nous pourrons agir», souligne la conseillère dans Saint-Paul–Émard, Anne-Marie Sigouin.

Cet immigrant illégal pèse sur les finances publiques. «On n’avait pas prévu l’ampleur que ça prendrait», constate Mme Sigouin, dont le district est concerné au premier chef.

Selon l’inventaire réalisé en octobre dernier, dans l’arrondissement, 20,6% des arbres sur le domaine public, excluant les boisés, sont des frênes. On en compte 5553 en bordure de rue et hors rue. Les quartiers Côte-Saint-Paul et Émard sont les plus à risque puisque 58% des arbres en bordure de rue (2816) sont des frênes. On en trouve notamment en grand nombre sur les rues commerciales Laurendeau, Monk et Allard, signale Serge Quenneville, coordonnateur de l’éco-quartier Sud-Ouest pour le secteur Côte-Saint-Paul–Émard.

Le budget de 1,4 M$ permettra de financer les activités de dépistage par écorçage et pièges adhésifs, l’évaluation de l’état de santé des frênes, le traitement au biopesticide, en dernier recours l’abattage et l’essouchement, la plantation en vue de remplacer les arbres abattus et l’entretien de trois ans post plantation.

Privé

Ça, c’est pour le domaine public. En ce qui concerne les arbres privés, l’arrondissement a lancé un appel d’offres de services afin de permettre aux citoyens qui le voudraient de traiter les frênes sur leur propriété au biopesticide à prix réduit.

Le traitement est de 200$ à 300$, note Mme Sigouin. «Ça devrait faire baisser les coûts.»

«Les citoyens qui veulent passer à l’action auront un moyen de le faire», dit-elle.

Pour Serge Quenneville, il importe de faire du travail d’information auprès des propriétaires. «Si, éventuellement, il faut remplacer un frêne, commencez à y penser», dit-il.

«Si les gens enlèvent leurs frênes, on est là pour donner des conseils sur quoi planter», explique-t-il, mentionnant que l’éco-quartier a remis des arbres en pot lors de la distribution de fleurs de l’arrondissement, en mai. On mise sur la diversité alors que les citoyens ont pu obtenir plusieurs essences, dont le cerisier tardif, le pin blanc et le chêne rouge.

Une infrastructure

Par ailleurs, devant le sérieux du problème et les coûts liés au remplacement des frênes, Projet Montréal a déposé au conseil municipal une motion pour modifier les règles comptables de la Ville de Montréal.

Présentement, il n’est pas possible d’emprunter des fonds pour planter des arbres. Ça doit se faire à même le budget de fonctionnement. La motion, qui a été adoptée à l’unanimité, prévoit que la Ville et les arrondissements pourraient à l’avenir financer par règlement d’emprunt le plan de plantation de nouveaux arbres sur le domaine public.

Un arbre public sur cinq

Dans l’arrondissement du Sud-Ouest, 20,6% des arbres sur le domaine public, excluant les boisés, sont des frênes.

Selon l’inventaire réalisé en octobre dernier, on en compte 4875 en bordure de rue et 678 hors rue pour un total de 5553.

C’est dans le secteur Saint-Paul–Émard qu’on en retrouve le plus grand nombre en bordure de rue: 2816, soit 58% des arbres.

Le quartier Pointe-Saint-Charles vient au second rang avec 1196 frênes, soit 25% des arbres sur le domaine public.

Le nombre de frênes en bordure de rue est moins important dans Saint-Henri (585), la Petite-Bourgogne (235) et Griffintown (43).

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