(Photo Serge Boisvert) Nicolas Delisle-L’Heureux : «J'avais l'appel de l'écriture depuis longtemps».

«C’est fait. Il a sa vie. Je n’ai plus de contrôle.» Une quinzaine d’années après avoir couché les premiers mots sur papier, voilà que Nicolas Delisle-L’Heureux vient de publier Les Pavés dans la mare, son premier roman.

«J’avais l’appel de l’écriture depuis longtemps», confie l’auteur, que la communauté du Sud-Ouest a connu sous un autre éclairage, lui qui a travaillé au Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles de 2009 à 2012. «Jusqu’à tout récemment, des gens proches de moi ne savaient même pas que j’écrivais, dit-il. J’avais une très grande pudeur.»

Ce roman, il a commencé à l’écrire à l’âge de 16 ans, se souvient celui qui en a aujourd’hui 31. L’idée, le flash à la source du bouquin: l’image d’un homme en fuite, d’un homme perdu en forêt, explique Nicolas Delisle-L’Heureux, précisant qu’il a accouché d’un premier manuscrit prêt à être soumis à un éditeur il y a cinq ans.

On se doute bien qu’au fil du temps, le roman a passablement évolué. Un élément est toutefois demeuré, le personnage principal: Jakob Labonté. Les Pavés dans la mare (Éditions de la Pleine lune) nous raconte en effet son histoire. «Refusant de se conformer à l’individualisme bêtifiant et aux règles de la réussite personnelle à tout crin», l’homme «se lance dans l’action contestataire malgré sa couardise. Contraint de prendre la fuite pour sauver sa peau, il quitte Saint-Henri et se réfugie dans une pourvoirie laissée à l’abandon au nord de Senneterre, en Abitibi. Cet endroit a connu autrefois des heures glorieuses et abrité une commune d’utopistes qui souhaitaient réinventer le monde. Jakob n’y trouvera cependant pas la paix, car son passé rebelle viendra le rattraper au fil des découvertes qu’il fera sur les anciens habitants des lieux et, surtout, sur lui-même.»

Jakob Labonté, «c’est un utopiste, un militant», analyse l’auteur. «C’est un personnage un peu ambigu, un personnage avec lequel j’ai une relation amour-haine.»

Un auteur diplômé en travail social, qui a travaillé dans le milieu communautaire, et un personnage qui se lance dans l’action contestataire, même combat? «Rien d’autobiographique» dans cette histoire, assure Nicolas Delisle-L’Heureux, qui glisse tout de même que Jakob lui «ressemble un peu».

«C’est un roman d’apprentissage», évoque-t-il, un «passage à l’âge adulte par l’éveil de la conscience politique». L’auteur pose avec cette oeuvre «un regard critique sur la société». «Le désir de provoquer les consciences et de transformation sociale est en moi», dit-il. Transpire aussi du livre «un certain sentiment d’impuissance, de désillusion», ajoute celui qui a obtenu, l’an dernier, le 3e prix du concours «Imaginaires collectifs» pour le manuscrit de son roman. Ce concours de création littéraire, géré par un jury indépendant d’écrivains et de professeurs, est parrainé par la Fondation Charles-Gagnon et les Éditions de la Pleine Lune.

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