Tyrone Benskin

Au milieu du mois de mars, j’ai consacré ma semaine en circonscription à une tournée des logements sociaux de Jeanne-Le Ber. La circonscription que je représente à la Chambre des communes se classe en effet parmi celles où les besoins en logements sociaux sont les plus importants au Canada; dans certains quartiers, près de la moitié des logements sont des logements sociaux. Étant d’avis que le logement doit être considéré comme un droit absolu pour les citoyens, j’ai voulu constater de mes propres yeux la situation sur le terrain.

Ce que j’ai observé a confirmé ce que j’avais toujours cru: les stéréotypes que l’on entend sur les résidents des logements sociaux ne sauraient être plus faux. Ces personnes travaillent fort, mais occupent souvent des emplois mal rémunérés; dans d’autres cas, ils font face à des barrières importantes les empêchant de toucher un revenu plus élevé. Ce sont des personnes fières, très impliquées dans leur communauté et prêtes à contribuer de tout leur coeur à la société.

Une des préoccupations majeures dans les coopératives et les HLM est l’échéance des conventions qu’elles ont avec le gouvernement et la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Par exemple, dans le cas des coopératives, le gouvernement prétend qu’une fois les hypothèques remboursées, la pression financière serait moindre et que ces subventions ne seraient plus nécessaires. Mais la perte des subventions aux loyers comprises dans les conventions entraînera une perte de revenu majeure pour les coopératives. Et le manque d’engagement du gouvernement pour assumer les coûts des rénovations nécessaires au fil des années a obligé les coopératives à assumer ces dépenses elles-mêmes, les empêchant de mettre de l’argent de côté. Si on ne fait rien, il faudra peut-être mettre des gens à la porte. C’est tragique, d’autant plus que certaines familles habitent dans ces logements depuis 20 ou 30 ans.

Une partie de la solution passe par la construction de nouvelles unités et un soutien à la rénovation de logements existants. Malheureusement, le récent budget fédéral ne contient aucun investissement pour le logement social, ni rien qui puisse assurer que la fin des conventions n’entraîne de perte d’unités de logement social; au contraire, il coupe la SCHL de 131 millions $ sur les prochains trois ans, au-delà de coupures massives déjà effectuées aux investissements pour la construction et la rénovation de logements sociaux. Je suis d’avis que le gouvernement fédéral a le devoir moral de veiller au bien-être de toutes les familles du pays, et cela passe notamment par un parc de logements sociaux adéquat.

Ma collègue Marie-Claude Morin, députée de Saint-Hyacinthe–Bagot et porte-parole du NPD en matière de logement, a déposé récemment un projet de loi visant à établir une stratégie pancanadienne sur le logement. Ce que nous voulons, c’est mettre en place des mécanismes d’aide financière ainsi que des incitatifs pour favoriser une plus grande disponibilité des logements. Nous voulons aussi nous assurer que certains groupes de personnes plus susceptibles de se voir refuser un logement, que ce soit en raison d’une incapacité ou de discrimination, puissent en obtenir un.

Ma tournée des logements sociaux de la circonscription m’a humblement amené à me questionner sur la stratégie à adopter pour que chaque citoyen ait un toit convenable sous lequel dormir. J’ai été touché par la complexité du problème. L’inaction du gouvernement ne fait qu’empirer la situation. Or si le gouvernement fédéral assume ses responsabilités et que nous travaillons tous ensemble, je suis convaincu que nous saurons trouver des solutions permanentes au problème.

Ces conventions commenceront à venir à échéance en 2014. Il faut absolument prévoir le coup pour empêcher que des gens se retrouvent dans la rue.

Tyrone Benskin
Député de Jeanne-Le Ber

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