Nous sommes des étudiants en grève depuis 10 semaines. Dans le cadre du mouvement étudiant, nous avons participé à l’organisation d’une manifestation locale contre la hausse des droits de scolarité de 325$ par année. Profitant de l’effervescence de cette grève, nous avons tenté avec succès d’élargir cette protestation aux groupes communautaires et citoyens du Sud-Ouest à partir de revendications partagées soient l’annulation de la hausse des droits de scolarité dans une perspective de gratuité scolaire, la construction de nouveaux logements sociaux et l’annulation de l’actuel projet Turcot.

Ce vendredi 13 avril, plusieurs centaines d’étudiants et citoyens ont répondu à l’appel en venant marcher ensemble dans les rues du Sud-Ouest au son d’une fanfare et sous le regard amusé des résidants du quartier. La date choisie marquait la 9e année de règne libéral. La manifestation était donc l’occasion de souligner notre légitime indignation contre les politiques régressives de ce gouvernement à l’éthique douteuse.

Nous devons avouer notre désarroi de constater que la couverture médiatique de la Voix populaire ait été monopolisée par le Parti québécois. En effet, malgré les invitations cordiales lancées aux partis politiques, ceux-ci ont été sommés de faire preuve de discrétion. Manifestement, ce ne fut pas le cas. Qui plus est, les revendications mise de l’avant par les étudiants et groupes communautaires furent minimisées, sinon effacées complètement derrière les revendications partisanes. Le PQ parle du bout des lèvres d’une «réelle accessibilité aux études supérieures», sans pour autant en définir concrètement l’application. Plus grave encore, la question du logement social est absente. Pourtant, le logement représente le premier poste de dépense des citoyens. En l’absence d’un contrôle du marché locatif et d’investissements substantiels dans le logement social, le coût des loyers est en constante augmentation. Pour notre quartier, il s’agit d’un véritable problème.

Nous ne pouvons que déplorer le fait que ces gestes du Parti québécois servent à occulter le caractère populaire et l’indépendance de cette initiative.

En conclusion, nous pouvons affirmer que si «l’alternative politique» offerte par le Parti québécois au gouvernement Charest est la récupération et le détournement des mouvements sociaux et populaires, pour notre part, c’est non merci!

 

Marc-André Blais

Manuel Johnson

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