La tour d’aiguillage Wellington subira une cure de rajeunissement d’ici deux ans. Le projet dont on ignore pour l’instant les détails sera dévoilé en avril prochain. La ville de Montréal souhaite ainsi redonner ses lettres de noblesses à cet édifice patrimonial unique au Canada, qui représente la porte d’entrée du quartier Griffintown.

Lorsque vous circulez le long du canal Lachine, impossible de manquer cet étrange bâtiment en béton blanc de trois étages, barricadé et couvert de graffitis. Jadis une des plus importantes tours d’aiguillage ferroviaire en fonction, en Amérique du Nord, l’édifice de la rue Smith représente aujourd’hui une occasion d’offrir un espace culturel dans un secteur de Montréal au riche passé industriel.

Tour aiguilleur 7Projets de revitalisation
Un appel d’idées a été lancé en 2013 pour transformer et mettre en valeur ce bâtiment iconique et ses environs, à temps pour le 375e anniversaire de Montréal.

Quatre finalistes ont été retenus. Ils ont décidé de fusionner en deux consortiums qui doivent présenter leurs projets le 30 mars prochain. D’un côté, on retrouve Production Weart et Ateliers créatifs, alors qu’Eastern Bloc s’est associé à Espaces temps.

Impossible d’avoir un avant-goût des idées que ces organismes ont développées, tout comme du budget nécessaire à leurs réalisations. Difficile de dire, donc, si la tour abritera une galerie d’art, une salle de spectacle, des ateliers ou même un bistro.

Chose certaine, l’espace culturel sera ouvert à la communauté et offrira au quartier un lieu vivant et chaleureux. La petite rue Smith sera quant à elle transformée en promenade pour piétons, ornée par des œuvres d’art public.

Centre névralgique
La tour d’aiguillage Wellington aux allures fortifiées, a été construite en 1943 durant la Seconde Guerre mondiale. «Son architecture fonctionnaliste est simple, mais robuste et surtout stable, dans le but de coordonner un nombre record de manœuvres, jusqu’à 800 par jour», précise Dinu Bumbaru d’Héritage Montréal.

Tout l’aiguillage des trains était articulé sur câble, l’édifice devait donc être bien ancré. Il fallait aussi qu’il soit résistant aux vibrations puisque l’axe du chemin de fer du Lower Lachine, l’ancienne route qui reliait Lachine au Haut-Canada (sur le territoire de la ferme Saint-Gabriel), était alors le deuxième en importance au pays.

À l’époque, la tour Wellington, à proximité du centre-ville et du port de Montréal, était le centre névralgique du vaste et complexe réseau de transport du CN, hérité de plusieurs compagnies ferroviaires, notamment Chemin de fer Transcontinental et Grand Tronc. «La salle de contrôle devait alors s’assurer de la sécurité du balai mécanique des différents ponts tournants, levants et à bascule, qui enjambaient le canal Lachine» explique monsieur Bumbaru.

Les opérations ont cessé dans les années ’60, au moment où les ponts sont devenus fixes et que le canal Lachine a perdu sa vocation de voie maritime. La tour a par la suite été désaffectée au début des années 2000 et ses équipements ont été transférés au musée ferroviaire Exporail à Saint-Constant.

Tour aiguilleur 8Conserver l’héritage
Monsieur Bumbaru souhaite «que ce témoin parlant de l’effervescence industrielle puisse trouver un interprète, qui saura faire parler l’histoire de cet observatoire pour le rendre pertinent, autant pour les  Montréalais que les touristes, tout en le transformant en relai pour connecter la ville et l’eau».

Le directeur d’Héritage Montréal voudrait peut-être aussi voir la salle de contrôle transformée en observatoire pour permettre aux visiteurs d’expérimenter la vision des aiguilleurs, un point de vue unique sur les structures métalliques du passé».

La Ville de Montréal dévoilera le projet du consortium qui redonnera vie à la tour Wellington en avril.

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